En mettant de côté le snobisme, le fameux "je relis Proust" tellement plus chic que de le lire, qu’est-ce qui nous pousse à reprendre un roman, un texte, lu parfois des décennies plus tôt ?

Qu'est-ce qui nous pousse à relire un livre ?
Qu'est-ce qui nous pousse à relire un livre ? © Getty / Catherine Falls Commercial

Et surtout à éprouver l’envie de relire tel livre, tel auteur et certainement pas tel autre ? Quatre-vingts secondes ce matin sur l’article publié par le site de L’Obs, qui a posé la question à plusieurs écrivaines et écrivains français. 

Fatima Daas dit ne pas être touchée aujourd’hui par les mêmes phrases de Marguerite Duras dont à 16 ans elle voulait « épuiser tous les livres ». Chloé Delaume dit que L’Ombilic des limbes d’Antonin Artaud est son « doudou », elle le relit tous les ans, elle y trouve ce pourquoi elle écrit. Jean Rolin a tellement relu A la Recherche du temps perdu de Proust et Hommage à la Catalogne de Georges Orwell que dans son esprit les deux livres forment désormais une « recherche de la Catalogne perdue ».

Voilà pour les écrivains, je ne les ai pas tous cités. Mais relire est peut-être aussi corrélé à l’âge. Les enfants aiment qu’on leur relise 100 fois, 1000 fois la même histoire. C’est rassurant, me disait l’un d’eux : "si les journées se terminent de la même manière, le monde sera encore là à mon réveil". En vieillissant, le relecteur et la relectrice peuvent chercher à retrouver les sensations qui étaient les leurs 20 ou 30 ans avant, à redevenir qui ils étaient la première fois. Peut-être aussi, plus prosaïquement, que les librairies étant fermées, eh bien on fait avec ce qu’on a sous la main, des retrouvailles plus que des rencontres ! 

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