C’est un texte court, doux et pudique, une page de souvenirs discrets : l’hommage que le romancier britannique Nick Cornwell rend à sa mère Jane, disparue le 27 février. Elle était l’épouse de John Le Carré aussi effacée qu’il était mondialement connu. Son intervention sur les livres était pourtant constante.

John Le Carré et son épouse Jane, 1964
John Le Carré et son épouse Jane, 1964 © Getty / Ralph Crane / Contributeur

Quatre-vingts secondes ce matin sur l’hommage que le romancier britannique Nick Cornwell rend à sa mère Jane, disparue le 27 février. Jane était l’épouse de John Le Carré, elle était aussi effacée qu’il était mondialement connu. 

Ce qu’on apprend dans ce texte, que j’ignorais en ayant pourtant lu tous ses romans, c’est que les livres de Le Carré étaient une œuvre commune dans laquelle Jane prenait une part décisive. 

Ce n’était pas seulement de la dactylographie même s’il fallait bien qu’elle le fasse, Le Carré n’ayant jamais voulu apprendre à taper à la machine. 

Non, son intervention était constante, à toutes les étapes, manuscrit, tapuscrit, couper et coller, au sens propre, bien avant les ordinateurs. Jane savait redresser et relancer les intrigues, elle savait si telle phrase exprimait exactement la pensée du romancier ou s’il fallait reformuler. 

Elle revenait à l’idée originelle d’un roman quand il fallait redonner de l’énergie à un passage poussif. Elle était concentrée, elle parlait peu, dit son fils, mais ses remarques étaient immédiatement suivies d’effet. 

David Rockwell, dit John Le Carré, est mort en décembre 2020, son épouse Jane est décédée deux mois plus tard. Elle refusait les interviews, elle fuyait les photos, même de famille, et il fut difficile d’en trouver d’elle pour ses funérailles. Ce magnifique hommage à une femme invisible est à lire dans le Guardian. Le lien sur notre site internet. 

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