C’est une anthropologue méticuleuse, discrète au regard d’une époque qui préfère le clash à la nuance et au travail obstiné.

Quatre-vingts secondes ce matin sur l’entretien au long cours que donne Jeanne Favret-Saada à la revue AOC. 

Elle retrace une évolution et même une « révolution dans la vie publique » : « le retour de l’accusation de blasphème ». Comment en est-on arrivé là ? Jeanne Favret Saada montre que les choses basculent avec la violente contestation du film La Dernière tentation du Christ en 1988 puis avec la fatwa en 1989 contre Les Verstes sataniques de Salman Rushdie. Se déploie alors, de la part des religions, une bataille culturelle et politique qui cible la liberté d’expression à laquelle se trouve désormais opposée l’offense faite à la foi des croyants. Nous en sommes encore là. 

Dans le sillage de ces premiers travaux, Jeanne Favret Saada a consacré une enquête minutieuse à l’affaire de la publication des caricatures de Mahomet au Danemark, en 2005 puis une autre, édifiante, sur la réponse à cette crise que firent de grandes institutions internationales comme l’ONU. L’entretien que publie AOC aurait dû l’être dans la revue Terrain, au sein d’un dossier intitulé « Faire taire » mais les travaux et les conclusions de Jeanne Favret-Saada n’étaient visiblement pas dans la ligne… 

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