Le monde de la culture s'était interrogé au moment du confinement : tout était arrêté, tout pouvait donc être repensé. Sur le nombre de festivals, de films, de livres, fallait-il redevenir raisonnable ? 80 secondes ce matin pour plonger dans cette rentrée qui finalement ne va guère changer.

Ce n'est pas parce que deux fois livres de plus sont publiés que deux fois plus de livres sont achetés.
Ce n'est pas parce que deux fois livres de plus sont publiés que deux fois plus de livres sont achetés. © Getty / Maria Fuchs

511 romans cette année ; il y en avait eu 524 l'an passé : les maisons d'édition continuent manifestement à pousser à la consommation. En 25 ans tout s'est incroyablement accéléré. C'est bien simple : deux fois plus de livres sont aujourd'hui publiés.

Extrait du Masque et la Plume, où Jérôme Garcin posait la question :

- Il est évident que devant cette avalanche, je pose la question aux libraires : comment on fait ? On les met tous en rayonnage ? 

- Les livres arrivent quasiment par wagons... Il faut effectivement faire comme une sorte de gare de triage, commencer à en mettre à droite, à gauche. Notre principe à nous, c'est d'en éliminer le plus possible.

- Il y a un grand libraire de France qui s'appelle Christian Thorel, "Ombres blanches" à Toulouse, et lui parle effectivement d'entonnoir : il y a un moment où on ne peut pas gaver davantage les oies, on ne peut pas en mettre plus dans les tuyaux parce qu'ils vont exploser. C'est un peu ce principe

En fait, ce n'est pas parce que deux fois livres de plus sont publiés que deux fois plus de livres sont achetés. Au contraire, même : les Français lisent de moins en moins depuis quelques années. 

Alors, faut-il continuer à ce point à jouer l'hyper diversité ? Cette surproduction, finalement, ne crée que de la frustration. Le lecteur ne peut pas tout lire et il ne sait plus que choisir. 

Dans une librairie
Dans une librairie © Getty / Crédits : Luis Alvarez
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