Peut-être vous souvenez-vous de ce terrible fait divers aux USA, il y a deux semaines ? Ahmaud Arbery, un jeune homme noir était tué de trois coups de feu alors qu’il faisait tranquillement son jogging, le long d’une route de l’état de Géorgie. Les meurtriers croyaient qu’il était en train de s’enfuir.

Quatre-vingts secondes ce matin sur l’appel à témoignage lancé par le "New York Times" auprès de ses lecteurs afro-américains sur le thème « courir en étant noir ».
Quatre-vingts secondes ce matin sur l’appel à témoignage lancé par le "New York Times" auprès de ses lecteurs afro-américains sur le thème « courir en étant noir ». © Getty / Justin Case

Quatre-vingts secondes ce matin sur l’appel à témoignage lancé par le New York Times auprès de ses lecteurs afro-américains sur le thème « courir en étant noir ». Invraisemblables réponses dont le quotidien propose une sélection. 

Oui, faire son jogging en étant noir suscite une inquiétude au mieux diffuse, parfois envahissante, en tous cas omniprésente. Il faut faire une checklist : choix du quartier, choix de l’itinéraire, choix des vêtements, pas de capuche, taille de la barbe, attitude générale qui dise le plus clairement possible qu’on n’est qu’un coureur. Si vous croisez une femme blanche, changez de trottoir et surtout n’établissez pas de contact visuel. Une joggeuse dit se sentir plus tranquille quand elle court avec son amie blanche. Une autre encore court en filmant tout en vidéo et stocke ces images en ligne, ses proches ont ses mots de passe en cas de problème.

Homme comme femme, cette expérience commence jeune et se poursuit à l’âge adulte, un homme de 37 ans court dans cet état d’esprit depuis qu’il en a 16. Et l’un des témoins se demande à quel âge il devra avoir cette conversation avec son fils, qui a pour l’instant 9 ans. L’ensemble est effrayant. 

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