Peut-être qu’en ces temps de confinement vous prenez le temps de regarder un film, une série ou un documentaire pour vous changer les idées.

Parce que Jean Gabin se fiche des gestes barrière (ici dans "La Bête humaine" avec Simone Simon, en 1938)
Parce que Jean Gabin se fiche des gestes barrière (ici dans "La Bête humaine" avec Simone Simon, en 1938) © AFP / INTERCONTINENTALE

Enfin changer les idées, c’est pas certain. Quatre-vingts secondes ce matin sur ce que j’appellerais « la cinéphilie paranoïaque » — soit le fait de ne plus pouvoir regarder une œuvre de fiction sans être terrifié par le non-respect des gestes barrière.

Deux acteurs assis côte à côte chuchotent dans la pénombre d’un bar — horreur ! Une bande de jeunes part danser dans une boîte de nuit — par pitié, évacuez les lieux ! Un sportif se jette dans les bras de son équipe après une victoire — arrière malheureux ! J’en viens même à hésiter à montrer La Belle et le clochard à des enfants à cause de la fameuse scène du spaghetti qui combine le partage d’une assiette à un chaste baiser sur la bouche ce qui est le meilleur moyen de démarrer un cluster. Pour les très grands paranoïaques, reste Contagion de Steven Soderbergh, massivement téléchargé en ce moment, qui raconte l’explosion d’une pandémie et l’utilité des gestes barrière mais le film, pour ces raisons, est aussi pesant et didactique qu’une conférence de presse sans presse.

Alors comment le cinéma se saisira-t-il de ces nouvelles normes sanitaires ? Une esthétique peut-elle en être déduite ? D’ici là, privilégier le roman, le théâtre de monologue, les films de héros solitaires et ceux de traversée du désert. 

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