Elle s'appelle Emanouela. Début juillet, elle passe voir sa mère près de Strasbourg. A la gare, elle est abordée par un homme alors qu'elle est au téléphone... il insiste, la reluque de haut en bas et finira par l'insulter. Un grand classique. Mais ce fut la goutte d'eau.

Le harcèlement de rue pourtant considéré comme un outrage continue toujours autant
Le harcèlement de rue pourtant considéré comme un outrage continue toujours autant © Getty / erhui1979

Sur Instagram, Emanouela va créer un compte : disbonjoursalepute. Le nom peut choquer, mais la réalité l'est bien plus encore.

“C’est comme ça qu’on nous traite régulièrement dans la rue, et ça concerne toutes les femmes, qu’elles soient mineures ou adultes, maigres ou rondes.”

Emanouela a visé pile : en quelques heures, quelques jours, elle reçoit des milliers de témoignages. Des femmes qui disent leur colère, leur trouille aussi.

Une jeune femme enceinte de six mois : "je me suis fait accoster, j'indique mon refus à plusieurs reprises, je montre mon ventre... Le mec repart en m'insultant et en hurlant que mon enfant aura une vie de merde."

Il y aussi ce papa dans un parc, propos et gestes obscènes... ou encore ce récit d'une gamine de 13 ans. 

Non la peur n'a pas changé de camp.

A l'image de cette internaute restée bloquée devant son armoire “parce qu'elle ne savait même plus comment s’habiller pour ne plus subir" le "hé mademoiselle" dix fois par jour... Oui, c’est lourd.

Un fléau qui envahit encore et toujours nos trottoirs malgré la loi. La France est bien le premier pays à punir le harcèlement de rue depuis 2018. Un outrage de flagrant délit mais seulement 1 500 verbalisations au total. 

Emanouela a beaucoup voyagé. "Aux États-Unis, en Bulgarie, en Italie... Il n'y a qu'en France que j'ai vu ça." 

Le harcèlement de rue, un mal made in France ? Peut-être.

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