C’est ce que les militaires appelleraient un « retour d’expérience », l’analyse a posteriori de ce qui a fonctionné ou dysfonctionné dans une opération. Quatre-vingts secondes ce matin sur un exercice de même nature, entrepris par l’Institut Reuters.

Retour d'expérience de Reuters sur le traitement de la crise du Covid-19 par les journalistes en Grande-Bretagne.
Retour d'expérience de Reuters sur le traitement de la crise du Covid-19 par les journalistes en Grande-Bretagne. © Getty / South_agency

Reuters a étudié le traitement journalistique de l’épidémie de COVID en Grande-Bretagne. L’analyse est encore partielle mais pose des questions de fond :

  • Par exemple celle de la hiérarchie entre journalistes généralistes ou politiques et journalistes spécialistes de la santé, de la médecine et de la recherche scientifique. Les premiers ont d’abord eu la main avant de s’appuyer sur les seconds. Peut-être est-ce pour cette raison qu’il y a eu retard à l’allumage dans la couverture de l’épidémie qui n’a vraiment commencé qu’avec la situation dramatique en Italie. 
  • Autre question, valable pour les journalistes comme le personnel politique : comment des gens, qui ont pour l’essentiel une formation littéraire, appréhendent-ils les sujets scientifiques ? Comment lisent-ils les statistiques, les données scientifiques ? Les comprennent-ils ? 
  • Dernière question, liée : quel rapport avons-nous, dans nos métiers, à l’incertitude, demandons-nous par habitude des réponses claires et nettes à des scientifiques qui, pendant l’épidémie, découvraient le virus en marchant ?

Le chantier est vaste, les questions légitimes et parfois douloureuses. Dans ce qui a bien marché, en Grande-Bretagne, la mobilisation du service public de l’audiovisuel, massivement suivi par le public. Une raison de se réjouir, en France aussi. 

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