Deux "colocs" : un futur "prof" et un futur "instit'" ont voulu se faire un "ciné" après leur "exam'"... 80 secondes ce matin sur ce livre savant, désopilant et précieux du linguiste Bernard Cerquiglini consacré à la passion de la langue française pour la troncation, le fait de raccourcir les mots.

Les Français aiment raccourcir leurs mots
Les Français aiment raccourcir leurs mots © Getty / nicoolay

Le phénomène ne date pas d’hier. Un exemple, parmi tant d’autres, avec le « certificat d’études primaires », créé en 1866, rapidement désossé pour devenir un simple « certificat ». Puis c’est une boucherie : « certi », « certo », « certal », « certif » et tout simplement « cert », dernier avatar avant la disparition de l’examen. Ces quarante dernières années, c’est une furie qui touche tous les métiers, comme la grande distrib, Monop et Prisu. Ou l’administration, avec le chef de cab qui emporte son doss en réu. La télé, avec la cam haute def ; la radio, avec ses micros et ses rediff. Il y a aussi les paradis artificiels, came, hasch, héro ou coke — le tout pour une belle hallu. Et je préfère ne pas parler politique, ces écolos devenus anars ou réacs (à moins que ce soit l’inverse).

Si vous voulez tout savoir de l’aphérèse et de l’apocope, ces couteaux qui taillent le début ou la fin des mots, lisez Parlez-vous tronqué ?, un « portrait du français d’aujourd’hui » signé Bernard Cerquiglini, publié chez Larousse. Et si vous avez peur de vous tronquer, faites les nombreux exos de la fin du livre pendant une grasse mat’ ou à l’apéro avec un verre de beaujo. 

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