En 2015 dans l'Orne, Ségolène Royal inaugurait un tronçon de route solaire innovante. Un kilomètre devait produire l'équivalent de 790 kw/h. La moitié seulement a été produite la première année, le quart l'année suivante, un huitième encore l'année d'après... Pourquoi ?

La route solaire, le jour de son inauguration
La route solaire, le jour de son inauguration © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

22 décembre 2015, sur la départementale 5 au niveau de Tourouvre-au-Perche dans l'Orne : Ségolène Royal, alors ministre de l'environnement, inaugure un tronçon innovant Ici les voitures roulent sur des panneaux photovoltaïques collés sur l’asphalte, avantage : ça ne défigure pas le paysage et l'on rentabilise une surface déjà existante.

Un kilomètre qui devait produire l'équivalent de 790 kilos watts par heure par jour. La moitié seulement a été produite la première année, le quart l'année suivante, un huitième encore l'année d'après... Pourquoi ? Je cite Eric et Pascal, deux ouvriers couvreurs que le journaliste Igor Bonnet a rencontrés : 

Les ingénieurs du projet n’ont sûrement pas pensé aux tracteurs qui allaient rouler dessus

Sans compter l'usure des dalles, les feuilles mortes ont pourri dessus, les orages ont fait disjoncter le circuit et le bruit des véhicules sur les panneaux était tel que la vitesse de circulation a dû être abaissée à 70 km/h... Pourtant  l'Etat avait investi cinq millions d'euros. Conclusion du vice-président du Réseau pour la transition énergétique : "le projet fonctionnerait bien si des voitures ne roulaient pas dessus"...   

On est loin des mille kilomètres de routes solaires voulus par Ségolène Royal... En France, on n'a pas de pétrole mais on a des idées. Reste à les faire marcher ! 

Lire aussi | En Normandie, le fiasco de la plus grande route solaire du monde (Le Monde)

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