Dans ces pages, l’atmosphère est noire, très noire.

Quatre-vingts secondes ce matin sur le dernier numéro en date de la revue Alibi consacrée au polar et au roman noir. Ici, à rebours de l’époque, contre le buzz, le clash, les tweets, on revendique un « journalisme lent », minutieux, amoureux de son objet. Chaque article, chaque notule, chaque brève est ciselée, polie à la main, à l’ancienne.

Beaucoup de choses à lire dans cette livraison, à commencer par le dossier de une sur les prisons vues à travers le roman, les séries télé mais aussi à travers les yeux de ceux qui y entrent, bibliothécaires, médecins, professeurs — tous apportent « du dehors » dans l’univers carcéral. Et puis il y a ce bel entretien avec Pierre Lemaitre qui analyse finement la manière dont les séries télé ont modifié la lecture des romans. Nous sommes désormais habitués à une certaine « efficacité narrative », dit-il, qui oblige à écrire différemment, avec plus de rythme, de rebondissements, sans quoi le risque est grand que les lecteurs et l’auteur s’ennuient à mourir. 

Dans cette revue, on ne dit pas « archives » mais « reconstitution », « interview » mais « garde à vue », « portfolio » mais « retapissage », « table des matières » mais « indices ». Le numéro 4 est disponible, le 5 sort en avril. Alibi est un bonheur, son sous-titre : « vous en aurez tous besoin un jour »…

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