Mais pourquoi ont-ils donc fait la fête, dimanche soir, tout serrés dans les rues de Paris ou d'ailleurs ?

Le même effroi indigné avait d’ailleurs parcouru les réseaux sociaux après des images de même nature à Berlin ou aux Etats-Unis. Mais par-delà la morale, quatre-vingts secondes ce matin sur un article de sociologie de la santé, écrit avant la fameuse Fête de la musique mais qui tombe à pic. 

Son titre : « quel sens donner aux comportements à risque face au COVID-19 » ? C’est le sociologue Benoit Bastard qui souligne le paradoxe : tout le monde, aujourd’hui, connaît les fameux gestes barrière et la nécessaire distance physique mais chacun a « une bonne excuse » pour ne pas les appliquer — que celui qui n’a pas, par mégarde ou en toute conscience, embrassé un proche après le confinement me jette le premier tweet. Alors pourquoi manger gras, boire trop, fumer, ne pas se servir d’un préservatif ou faire la fête sans masque ni distance ? Benoit Bastard avance, parmi d’autres, deux explications : les discours de santé publique nous pensent tous rationnels, or on ne l’est pas, ou pas toujours ; et les recommandations à suivre pour être « en bonne santé » impliquent un rapport conscient et surtout constant à son corps.

Une bonne politique de santé publique doit partir de là. Adresser des messages ciblés sans quoi elle risque d’échapper à son objectif. Bref, elle doit s’appliquer à des citoyens qui sont ce qu’ils sont et pas nécessairement ce qu’on voudrait qu’ils soient. L’article de Benoit Bastard est à lire sur le site du quotidien d’idées AOC. 

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