L’année 2020 est, de notoriété publique, l’une des plus pourries du jeune XIXe siècle. Merci aux éditions Calmann-Lévy d’alléger notre peine en publiant un deuxième roman de Michael Connelly cette année, quelques mois après "Nuit sombre et sacrée".

Détail de la couverture d'"Incendie nocturne" de Michael Connelly
Détail de la couverture d'"Incendie nocturne" de Michael Connelly © Calmann-Lévy

Quatre-vingts secondes ce matin sur ce nouvel épisode des aventures de l’inspecteur Harry Bosch… ou plutôt de ce qu’il en reste. 

Le retraité du LAPD entre en claudiquant dans le roman après une opération. Il a troqué le flingue et son badge de flic pour une prothèse de genou et une canne. Il ne court plus après les méchants (ça, il ne peut plus) mais compulse les vieux dossiers jaunis d’affaires non résolues. 

Sur ce fond mélancolique, se détache une nouvelle fois la figure de la jeune inspectrice Renée Ballard, personnage désormais récurrent

Elle vit dans une tente sur la plage, elle travaille la nuit, au placard pour avoir osé dénoncer le harcèlement sexuel dont elle fut la victime de la part d’un de ses supérieurs. Avec Bosch, elle va tenter de résoudre une affaire vieille de 30 ans, un jeune homme assassiné dans une ruelle sombre de Los Angeles, sans doute la drogue … Mais c’est évidemment plus compliqué que ça.

Les chapitres Bosch succèdent aux chapitres Ballard

Chacun vit dans son coin, n’ayant au fond en partage que l’outre-noir de leurs vies et de leur métier. Mais, comme lecteur, c’est assez troublant de voir Harry Bosch quitter progressivement la scène, comme si le personnage était usé à la corde. Voilà le vrai sujet des derniers romans de Connelly : le long adieu à une époque, aux baby-boomers le polar reconnaissant. 

Incendie nocturne par Michael Connelly est publié chez Calmann-Lévy.

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