Sonia de Villers vous en parlait hier dans son « Edito M » : dès lors que le masque sera obligatoire dans les entreprises à partir du 1er septembre, le sera-t-il aussi à la télévision ou… à la radio ?

Quatre-vingts secondes ce matin, enfin 80 si j’arrive au bout, pour faire le test en direct — j’enfile mon masque, modèle grand public, en tissu, couleur noire. 

La radio, c’est de la parole et donc du souffle. Avec le masque, même après quelques secondes, j’ai le choix entre l’apnée ou de petites respirations qui finissent par faire tourner la tête. Sur un format court, c’est peut-être gérable, et encore, mais ni Agnès Soubiran, ni Sébastien Laugénie, ni Florence Paracuellos ne pourraient tenir sur la longueur d’un journal, ça j’en suis certain. Impossible donc de faire ce métier masqué… Mais est-ce que ce serait même utile ? Ce studio est une bulle où les règles d’hygiène sont drastiques : des micros ont été condamnés, le nombre de personnes autour de la table est limité, nous sommes tous à distance les uns des autres, nous astiquons nos micros et claviers d’ordinateur au fil de la journée. Bref, tous les gestes barrières sont respectés depuis le début de l’épidémie.  

Il me reste un tout petit peu de souffle pour penser aux enseignants qui devront, pour la plupart d’entre eux, faire cours avec un masque — c’est tout un rapport à l’oralité qu’il leur faudra réinventer. Des reporters masqués de France Inter leur tendront évidemment leur micro sous film plastique pour qu’ils nous le racontent.

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