Les statistiques sont des euphémismes. Elles informent mais, soyons honnêtes, elles agissent aussi comme un voile protecteur : 85 000 morts du COVID en France, 500000 aux États-Unis.

Une vidéo du New York Times suit le quotidien de deux infirmières en soins intensifs durant la pandémie de Covid-19 en Arizona.
Une vidéo du New York Times suit le quotidien de deux infirmières en soins intensifs durant la pandémie de Covid-19 en Arizona. © Getty / Peter Dazeley

Quelles souffrances cachent ces chiffres ? Le New York Times répond à cette question de la manière la plus brutale qui soit. Quatre-vingts secondes sur le documentaire mis en ligne hier après-midi par le quotidien américain qui a équipé de caméras portatives deux infirmières d’un service de soins intensifs COVID, dans un hôpital d’Arizona.

On ne peut pas être plus près des malades dont ces infirmières s’occupent avec un professionnalisme et une humanité exceptionnelle. Sans elles, ces patients mourraient seuls. Une femme, inconsciente, reçoit les derniers sacrements par téléphone. Sa famille est réunie en visioconférence grâce un ordinateur portable posé au pied de son lit. Une infirmière lui tient la main jusqu’au dernier souffle avant de prendre note de l’heure du décès. Les lits sont refaits pour les patients suivants. Dans l’intervalle, d’autres meurent.

Ces 15 minutes sont insoutenables. Faut-il tout montrer ? A-t-on vraiment besoin de tout voir ? Faut-il franchir les portes, qui sont aussi symboliques, d’un service de soins intensifs pour montrer ce qu’est réellement cette maladie ? C’est un débat d’éthique journalistique, d’éthique médicale et d’éthique tout court – le même qui se pose dans des situations de guerre ou de terrorisme. Peut-être est-ce pour marquer ce doute que le site du New York Times a publié la vidéo dans sa section opinions et débats.

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