Avant son éviction de Danone, nous avions reçu plusieurs fois Emmanuel Faber dans le 7/9, la dernière en date pour nous expliquer le changement de statut de Danone dont il avait fait une entreprise à mission.

Emmanuel Faber en 2018
Emmanuel Faber en 2018 © Getty / Alexei Nikolsky\TASS

Quatre-vingts secondes ce matin sur le texte que le politiste Michel Offerlé consacre à Emmanuel Faber. Offerlé a beaucoup travaillé sur les patrons et vient de publier un livre chez Gallimard intitulé Ce qu’un patron peut faire. Alors qu’a fait Emmanuel Faber qu’il ne pouvait ou ne devait pas faire ?

Offerlé passe en revue les explications qui circulent dans la presse. Sur le versant psychologique : Faber aurait été trop autoritaire, solitaire ou… visionnaire. Sur le plan économique : rentabilité insuffisante par rapport à la concurrence et avidité sans bornes des actionnaires. Offerlé soulève une autre hypothèse : en transformant Danone en entreprise à mission environnementale et sociale, en réorganisant la multinationale pour que cette promesse devienne effective, Emmanuel Faber a voulu « faire de la politique et changer sa société et la société en se servant (…) du fanion et de la tribune Danone ».

Cette éviction, dit Offerlé, c’est un « rappel à l’ordre » et, peut-être, un signe de la vulnérabilité des entreprises à mission qui passent, qu’on croit ou non à leurs engagements, une partie de leur temps à faire autre chose que des profits. Or, dans le rude monde de l’entreprise, il faut créer de la valeur pour pouvoir défendre des valeurs. 

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