Entre la procédure de destitution contre le président Trump et les nouvelles candidatures, comme celle de Michael Bloomberg, l’actualité politique américaine est toujours aussi dense, c’est le moins qu’on puisse dire.

Un pas de côté, en quatre-vingts secondes ce matin, avec ce très bel article que la revue The Atlantic consacre à Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama, aujourd’hui candidat à l’investiture démocrate pour la prochaine présidentielle américaine.

Il colle à Joe Biden une étiquette de gaffeur patenté. Ses moments d’absence en meeting ou dans les débats des primaires sont brocardés. S’esquisse, au fil de la campagne, le portrait d’un homme peut-être trop vieux, avec un doute sur la vivacité de ses capacités intellectuelles. Mais tout cela sonne différemment à l’oreille du journaliste de The Atlantic qui, dans les embarras verbaux de Biden, entend les traces du bégaiement ancien qui affecte le candidat. Bègue lui-même, John Hendrickson analyse par exemple les coq-à-l’âne de Biden non pas comme le signe d’une pensée brouillonne mais comme une stratégie, bien connue, de passer à un autre sujet quand on sent le bégaiement arriver, quand on sent qu’on ne pourra pas finir sa phrase. 

C’est un texte déroutant et émouvant, par tout ce qu’il dit en creux de ce que doit être un homme politique. Sur la gamme des faiblesses acceptables et toutes les autres, plus enfouies. Ce long article de The Atlantic est en anglais.

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