Un an après son apparition en Chine, comment le virus a-t-il modifié notre rapport au temps ? Quatre-vingts secondes ce matin sur l’article que le grand historien François Hartog consacre à cette question, à la lumière du concept de « présentisme » qu’il a forgé il y a un peu moins de 20 ans.

Le présentisme est l’obsession pour le présent, le fait de devoir tout vivre en temps réel, sans mémoire ni perspective d’avenir. Pour Hartog, le COVID marque « l’hystérisation présentiste » et, le triomphe de l’urgence
Le présentisme est l’obsession pour le présent, le fait de devoir tout vivre en temps réel, sans mémoire ni perspective d’avenir. Pour Hartog, le COVID marque « l’hystérisation présentiste » et, le triomphe de l’urgence © Getty / Laurence Monneret

Le présentisme c’est, pour le dire rapidement, l’obsession pour le présent, le fait de devoir tout vivre en temps réel, sans mémoire ni perspective d’avenir.

Pour Hartog, le COVID marque « l’hystérisation présentiste » et, d’abord, le triomphe de l’urgence : urgence à agir face au virus, « état d’urgence » sanitaire qui permet de le faire plus vite encore. 

Mais le corollaire de l’urgence, c’est le « retard » : retard sur la livraison des masques, des tests, des vaccins. Pourquoi alors ne pas avoir « anticipé », constitué des stocks bref : pris de l’avance sur le retard ?

Quant au temps long du confinement, il fut occupé par le temps court des réseaux sociaux et des plateformes et par la méditation sur le monde… d’après

Mais quel monde ? L’urgence sanitaire, pour certains, révèle l’urgence climatique : laquelle de ces urgences est la plus urgente ? Heureusement, voilà qu’advient la « résilience » comme si nous nous étions déjà remis de la crise que nous sommes en train de vivre. Qui peut encore prétendre être « maître des horloges » ?

Le texte de François Hartog est brillant, suffocant et souvent drôle.

Pour le dire simplement, il montre que nous sommes tous en train de devenir fous. 

C’est à lire sur le site AOC.

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