Se libérer du téléphone portable, se désaliéner de l’infâme machine.

Dans ces quatre-vingts secondes, je vous ai souvent parlé des nombreux textes qui circulent, signés par des drogués du mobile, qui cherchent, désespérés, une came de substitution ou, au moins, une cure de désintoxication.

D’où la saveur d’une chronique publiée par le Wall Street journalJason Gay formule, comme bonne résolution en 2020, de se servir ENCORE PLUS de son téléphone. Il en a marre du dolorisme ambiant, il veut témoigner de l’amour à son smartphone. Il veut pouvoir téléphoner tout le temps, partout, y compris dans des lieux saints comme le cinéma, l’église, les spectacles de ses enfants à l’école. Il veut explorer tous les moments encore épargnés de sa journée. La douche, par exemple, après tout, les téléphones sont censés être étanches aujourd’hui. Ah, les vacances, et le bonheur de tweeter devant les sublimes paysages de Toscane ! Lire des histoires à ses enfants, le soir ? A la rigueur mais uniquement sur écran de téléphone. J’admire l’ambition du bonhomme : passer progressivement de 16 à 24h de téléphone par jour, la nuit étant d’ailleurs une jolie friche pendant laquelle découvrir les tweets de Trump quelques secondes avant tout le monde.

Je vous mets le lien sur notre site internet, évidemment. Vous prendrez, j’en suis sûr, un vif plaisir à lire cet article joyeusement absurde que j’ai découvert en naviguant sur Twitter par la grâce d’un lien posté par un confrère qui avait dû le lire lui-même sur son portable. J’ai encore du chemin à faire pour être sobre.

(Merci à Frédéric Bianchi pour le lien)

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