On a appris mercredi dernier que le groupe Madrigall, maison-mère de Gallimard, rachetait les prestigieuses Editions de Minuit, crées sous l’Occupation allemande et indépendantes depuis.

Madrigall rachète les Editions de minuit.
Madrigall rachète les Editions de minuit. © Getty / Horacio Villalobos/Corbis

Quatre-vingts secondes ce matin sur le texte que le grand historien de l’édition, Jean-Yves Mollier, consacre à ces décennies pendant lesquelles la maison fondée par Jérôme Lindon aura publié Beckett, les auteurs du Nouveau Roman, Marguerite Duras, les textes fondateurs de Pierre Bourdieu, les grands livres du philosophe Gilles Deleuze et tant d’autres.

Jérôme Lindon, dit Mollier, était un éditeur « gentleman », proche de ses auteurs, proche des libraires, lui qui fut à l’origine de ce qui deviendrait la loi Lang sur le prix unique du livre. 

Jusqu’à aujourd’hui, les Éditions de Minuit publiaient peu de livre, une vingtaine par an, ascèse remarquable dans une industrie dont le modèle économique repose en partie sur le fait d’en publier beaucoup, beaucoup trop même, disent certains.

Une page d’histoire se tourne 

Et ce, au moment où l’entrée de Vincent Bolloré, propriétaire du mastodonte de l’édition Editis, entre au capital du groupe Lagardère, propriétaire du mastodonte Hachette. Si la question du sort d’Europe 1 cristallise à juste titre les débats, qu’en sera-t-il des répercussions sur le livre ? Sur ce point, pas ou peu de débat en France. 

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