Il s'agit d'un livre qui murmure quand tout le monde gueule, un livre en points de suspension au temps des certitudes.

"Vertige coquelicot", de Nicolas Espitalier
"Vertige coquelicot", de Nicolas Espitalier © Getty / Jens Büttner/dpa-Zentralbild/dpa (Photo by Jens Büttner/picture alliance

Quatre-vingts secondes ce matin sur Vertige coquelicot de Nicolas Espitalier, un ensemble de courts textes publiés à l’origine dans le magazine du quotidien Sud Ouest. Réunis en recueil, ils donnent l’impression de lire des fables à la morale discrète, une prose à la pointe sèche, des petites nouvelles de deux pages qui disent la beauté banale de la vie.

La clé de l’entreprise se dévoile dans le chapitre « L'armoire qui se trouve chez moi »

C’est, j’adore l’idée, la biographie d’un meuble vieux d’un siècle. Nicolas Espitalier écrit : « J’ai bien conscience qu’on ne peut avoir des choses à dire sur tout, c’est la raison pour laquelle je préfère parler de n’importe quoi ». On comprend mieux alors l’éclectisme du recueil, par exemple « Le prix du mètre carré », une histoire tragi-comique d’amour et d’immobilier.

Ou encore cette réflexion sur le sms « coucou, comment vas-tu ? » écrit par une ex à son amoureux qui lui ne s’en est pas encore remis — « coucou », est-ce tout ce qui reste des années passées ensemble ? Parmi tant d’autres, deux pages douces-amères sur « les épaules des amis », ce petit nombre de paires d’épaules dont on a besoin pour traverser la vie. 

A chaque page, charme, élégance, tendresse. Vous lirez ces petites mythologies intimes le sourire aux lèvres, en cherchant l’adresse de ce monde de douceur. Parce qu’on veut y vivre ! 

  • Vertige coquelicot, de Nicolas Espitalier est publié chez Herodios.
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