Elle était brutale, implacable et suprêmement intelligente. Dans le Harlem des années 30, elle évoluait seule dans un métier d’hommes et d’hommes de main — la mafia, les paris clandestins, le crime organisé.

"Queenie" reine de Harlem
"Queenie" reine de Harlem © Elizabeth Colomba & Aurélie Levy/Editions Anne Carrière

Elle était marraine comme d’autres sont parrains.

Quatre-vingts secondes ce matin sur Queenie, marraine de Harlem, une BD qui retrace la vie épique de cette femme qui parlait l’anglais avec un lourd accent français. Stéphanie St Cair, c’est son vrai nom, était noire, née en Martinique à la fin du 19e siècle, avant d’émigrer aux Etats-Unis.

L’album d’Elizabeth Colomba et Aurélie Lévy nous fait revivre la période mythique du « Harlem Renaissance » où de jeunes gens comme Duke Ellington et Thelonious Monk travaillent à se faire un nom dans le jazz.

D’autres excellent déjà dans le crime, comme le cruel Dutch Schultz ou Lucky Luciano qui inventa la mafia moderne. 

Une partie de la vie de Queenie consista à se battre pour garder son indépendance et ne pas devenir un satellite d’autres organisations criminelles.

Ce qui implique de recourir à la violence mais pas seulement : Queenie avait aussi un usage stratégique des médias qui lui permettait d’armer des rapports de force d’une autre nature.

Cet album, d’une élégance très années 1930, procure le même plaisir qu’un film de gangsters

Mais il renouvèle le genre grâce au portrait de celle qui fut, au sens strict, une "femme puissante". 

Ne manquez donc pas Queenie, marraine de Harlem, aux éditions Anne Carrière. 

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