Ces podcasts d’Inter et le premier livre qui en a été tiré furent ce qu’on appelle prosaïquement un « carton » que j’ai pu mesurer, dans le bureau du 7/9, au volume inédit de courrier papier d’auditrices et d’auditeurs, de lectrices et de lecteurs.

Lila Bouadma : Femme puissante
Lila Bouadma : Femme puissante © Radio France / Alexandre Gilardi

Quelque chose avait résonné en eux qui leur donnait envie de prendre la plume, un geste rare au temps du numérique. Quatre-vingts secondes ce matin sur la suite de cette aventure, avec la saison 2 des Femmes puissantes de Léa Salamé qui arrive en librairie dans une coédition France Inter/Les Arènes.

Couchés sur papier, ces entretiens prennent une autre résonnance, parfois plus âpre qu’à la radio. C’est Christine Lagarde qui raconte comment les hommes, en réunion, plongent la tête dans leur téléphone dès qu’une des rares femmes prend la parole. C’est l’avocate Jacqueline Laffont parlant de son rapport à sa propre voix, dans un métier où ce sont les ténors et les barytons du barreau qui donnent le ton. C’est la colonelle Karine Lejeune qui se souvient qu’à l’école de gendarmerie, les femmes étaient appelées les « dindes » par les hommes ; elle, c’était la « gonzesse » et c’était une marque de respect.

Ces femmes qu’interroge Léa viennent de conditions différentes, d’horizons différents, elles ont des convictions différentes mais leurs mots se ressemblent. En interview, parfois, rarement, on entend la musique de la vérité. Voilà comme elle sonne quand la professeure de médecine Lila Bouadma, après avoir raconté les violences et les duretés de sa vie, parle finalement de l’amour.

Je me sens incompétente sur le sujet, ou inapte. Quelque chose dans ce genre là. Souvent on me dit : "T'as pas rencontré le bon". Mais j'ai 50 ans, il faudrait être quand même extrêmement difficile. Il y a quelque chose, je pense, de l'attachement qui est difficile, de la confiance, du laisser-aller.

Un mot, même si elle n’aimera pas ça : j’ai vu Léa changer au fil de ces entretiens, en revenir parfois soufflée, parfois bouleversée, parfois bluffée, en tout cas sans la fameuse cravache que Daniel Morin aime lui mettre dans les mains. Comme quoi la sincérité et la vérité ont été des deux côtés du micro, l’absence de dogmatisme et le doute aussi. Ce gros livre rouge, aux couleurs d’Inter et de Noël, est déjà en librairie.

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