Le vidéo clip va révolutionner la musique : l'investissement financier et technique est immense. Et ce film a une vie plus large que la chanson qu'il est censé illustrer.

Michaël Jackson ici en 1986 a révolutionné l'univers de la musique des années 1986 avec son clip "Thriller"
Michaël Jackson ici en 1986 a révolutionné l'univers de la musique des années 1986 avec son clip "Thriller" © Getty / KMazur

Les vidéoclips vont changer la manière d'envisager la musique : il va falloir la concevoir de façon visuelle. 

Cela va différencier les artistes : ceux qui sont des stars et ceux qui ne le sont pas, puisque les vidéoclips mettent en avant l'image..

On va voir apparaître des physiques différents. Chez les chanteuses, la question du physique a toujours existé. C'est malheureusement le problème des femmes. Ca l'était déjà au cinéma ou au  théâtre. C'est d'ailleurs ce que le féminisme du XXIe siècle combat encore aujourd'hui. Mais la différence liée au clip s'est surtout produite chez les garçons. 

Le clip "Thriller" (1982) révolutionne la musique mais pas seulement : 

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Les années 1980 sont aussi les années provoc'

Serge Gainsbourg brûle un billet de banque, ce qui est passible de prison. Et puis, il y a cette fameuse séquence que tout le monde connaît chez Michel Drucker, où le chanteur dit à Whitney Houston : "I want to f** you". 

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C'est une période où l'on va parler beaucoup plus de sexe qu'avant.

I want your sex de George Michael n'invite pas à la débauche. Il est plutôt une invitation à la monogamie. Ce qui n'empêche pas le titre d'être interdit d'antenne sur quelques chaînes radios britanniques. Et en Amérique, il peut être diffusé uniquement la nuit. 

Le clip, quant à lui, est plutôt suggestif. 

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Auparavant dans les chansons, il y aura eu évidemment Le zizi de Pierre Perret, qui avait défrayé la chronique. Puis Je t'aime moi non plus en 1969 de Gainsbourg qui avait fait scandale. Mais c'était épisodique. Dans les années 1980, peut-être qu'au début, ce n'était pas vraiment du marketing, mais on aime de plus en plus la provocation. Et surtout, elle est permise. 

Il faut se souvenir qu'avant le journal de 20 heures sur TF1, la première Chaîne, il y avait une playmate : une femme qui se déshabille, et qui est quasiment nue. 

Quand on revoit les images : les seins sont tout à fait visibles, elle portait un string, mais c'était normal ! Et à l'heure du repas, c'était accepté ! 

Il y a d'autres exemples : les "boys boys boys" de Sabrina qui avec ce clip évidemment mythique dans la piscine où elle se baigne avec un téton qui dépasse malencontreusement. Une image qui  ne va surtout pas être coupée à l'époque et qui va être au contraire promue et mise en avant.

Ce sont les années de l'apparition du Minitel

Le Minitel, est l'ancêtre de nos applis de rencontres pour parler aux plus jeunes. Et à l'époque, Polnareff chante Marilou. Il va effectivement sur son Minitel pour rencontrer sa Marie-Lou. Ça, c'est le contexte des années 1980 qui permet ça.

Et puis, à côté, il y aura une provoc beaucoup plus léchée, beaucoup plus raffinée : celle de Mylène Farmer. Elle parle de thèmes sulfureux qui l'intéressent, mais avec de l'esthétisme. Avec Laurent Boutonnat, ils vont s'imposer dans l'univers du clip. Ce seront les seuls à faire des clips façon cinéma.

La suite est à écouter...

Avec Yves Bigot, Matthias Goudeau...

  • Réalisation : Cécile Poss (RTBF) 
  • Mise en ondes : Marion Guillemette