Plongée dans le futur du passé, avec les bobinos de Thomas Legrand qui revient, à l'occasion du Salon de l'Agriculture, sur comment en 1966 on préparait l'avenir industriel de l'élevage. C'est un reportage d'un jeune journaliste de l'époque, François-Henri de Virieu, qui interroge un chercheur de l'INRA.

Elevage industriel et poulet goût framboise
Elevage industriel et poulet goût framboise © Getty / Bernd Lohse / EyeEm

Chercheur de l'INRA : "On a mis longtemps à découvrir que si une poule ne donne qu'un œuf en 24 heures, c'est que la terre ne fait qu'un tour sur elle-même en 24 heures. Si l'on place la poule dans des climats artificiels qui lui permettent de recevoir deux fois de la lumière et de l'obscurité, c'est-à-dire deux jours raccourcis, on peut effectivement déclencher chez cette poule un œuf supplémentaire par rapport à une période normale de 24 h."

Les poules seront élevées par bandes de 50 ou 100 000 dans de grandes usines à faire des œufs où la plupart des opérations d’élevage seront mécanisées. L'alimentation l'est déjà.

S'il s'agit du fabuleux avenir des poules, les porcs et les bœufs ne sont pas en reste.

"Les nutritionnistes qui s'occupent des porcs sont des diététiciens très particuliers qui recherchent des régimes qui permettront de faire beaucoup de viandes et peu de graisses."

Et dans ces usines à viande en métal inoxydable, seront élevées sur un, deux ou même trois étages, les porcs et les poulets de demain. 

Mais et le bœuf ?

Chercheur de l'INRA : "On aura rapidement obtenu la possibilité de réaliser un bœuf de 500 kilos en un an, au lieu de le faire en deux ou en trois."

Et le poulet de demain, quel goût aura-t-il ? 

Chercheur de l'INRA : "Eh bien _je pense sincèrement qu'il aura le goût qu'on voudra_. On fait actuellement des recherches qui permettent de connaitre chimiquement les substances qui sont responsables de la saveur. Cela permettra probablement ensuite de préparer ces substances par voie de synthèse."

On pourra introduire dans l'alimentation du poulet des produits particuliers qui lui donneront, à la demande de la clientèle, un goût de noisette ou de framboise, ou encore le goût de pintade ou de faisan si ça fait plaisir au consommateur. 

On a échappé au poulet goût framboise, mais le reste s'est réalisé ! L'avenir c'était mieux avant. 

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