Depuis lundi, les fêtes johanniques battent leur plein à Orléans. 590ème anniversaire de l'entrée de la Pucelle dans la ville.

Les Le Pen ont chacun fleuri leur statue à Metz et Paris. Jeanne d'Arc, source d'inspiration... et de récupération politique. 

Une héroïne politisée dès la 3ème République : "patronne des envahis", disait le nationaliste Déroulède, après la perte de l'Alsace Lorraine. 70 ans plus tard, Vichy tentera de la substituer à Marianne... Le 7 mai 1944 : Pétain est à Orléans, bombardée par les Américains. Le débarquement est imminent. Et chez les gaullistes aussi, on en fait une figure de La Résistance. Le 8 mai 1961, le ministre de la Culture André Malraux est à Orléans. 

Dans les années 70, un certain Jean-Marie Le Pen crée son propre rendez-vous, tous les 1er-Mai. Jacques Chirac s'insurge contre cette récupération, il est lui aussi à Orléans, le 8 mai 1996. Deux ans plus tard, une femme, socialiste, viendra chercher l'inspiration à Orléans. 

Jeanne, icône féministe avant l'heure pour Ségolène Royal...  Icône, aussi, de la disruption, pour Emmanuel Macron, invité d'honneur des fêtes johanniques le 8 mai 2016,  ministre et pas encore candidat. Jeanne "fend le système" et traverse l'histoire politique... Du Front populaire au Front National. 

Que nous dirait-elle aujourd'hui, si elle entendait toutes ces voix ? Récupération au service d'intérêts contradictoires ? Captation d'héritage ? Et en même temps, affirmation d'une identité nationale commune.

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