Le malaise cardiaque du footballeur danois Christian Eriksen en plein match de l'Euro samedi 12 juin rappelle l'importance de se former aux gestes de premiers secours. Les demandes de formation sont en hausse.

L'image a choqué au delà du monde du football : celle du joueur danois Christian Eriksen qui s'effondre lors du match opposant le Danemark à la Finlande, samedi 12 juin 2021 lors de l'Euro de football. Victime d'un arrêt cardiaque, le footballeur a survécu en grande partie grâce à l'intervention rapide du capitaine d'équipe qui a immédiatement prodigué les gestes de premiers secours avant l'arrivée de l'équipe médicale. Cette scène rappelle ainsi l'importance de la formation aux gestes qui sauvent. Si 90% de la population scandinave est formée, cette proportion ne dépasse pas les 20 à 30% en France.

Depuis le malaise de Christian Eriksen, la Protection Civile de Paris-Seine a ainsi du doubler le nombre de formations Prévention et Secours Civique de niveau 1 (PSC1) en raison de la hausse des demandes. Comme après les attentats de 2015, "ce genre d'évènement tragique peuvent permettre aux citoyens de comprendre l'importance des gestes de premiers secours" analyse Pascal Cassan médecin à La Croix Rouge qui forme 100 000 personnes chaque année. 

Après 18 mois de restrictions liées à la pandémie de Covid-19, les journées de formation s'enchainent pour Noham Settbon, formateur à la Protection Civile Paris Seine. La majeure partie des stagiaires sont des jeunes en Service Civique, le PSC1 fait partie intégrante du dispositif. 

Noham Settbon explique l'importance du maintien de la tête de la victime en cas de traumatisme.
Noham Settbon explique l'importance du maintien de la tête de la victime en cas de traumatisme. © Radio France / Julie Pacaud

Du malaise à la perte de connaissance, de la plaie simple à l'hémorragie, de l'AVC au malaise cardiaque en passant par l'obstruction des voies aériennes, les jeunes apprennent ainsi à reconnaître les différents types de malaises et les reflexes qu'il faut adopter face à chacun d'entre  eux. Cette formation de sept heures vise à acquérir des principes essentiels : protéger, alerter, aider, en distinguant les malaises des pertes de connaissance, les urgences potentielles des urgences vitales. 

Les stagiaires apprennent ainsi à placer la victime dans la bonne position d'attente, à exercer une compression locale, poser un pansement compressif ou un garrot en cas d'hémorragie externe. Les gestes doivent ainsi précis notamment en cas d'obstruction des voies aériennes et diffèrent selon l'âge de la victime. 

Le massage cardiaque enseigné aux stagiaires de PSC1 dans les locaux de la Protection Civile Paris Seine.
Le massage cardiaque enseigné aux stagiaires de PSC1 dans les locaux de la Protection Civile Paris Seine. © Radio France / Julie Pacaud

Mais la mise en situation que les stagiaires attendent le plus est la réanimation cardio-pulmonaire. Un geste technique mais auquel nous sommes moins confrontés au quotidien : dans sept cas sur dix les interventions concernent des accidents domestiques. 

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Noham Settbon, formateur à la Protection Civile, enseigne le massage cardiaque aux stagiaires PSC1.

Par Julie Pacaud

Au-delà de l'apprentissage de ces gestes, de ces techniques, c'est la confiance en soi qu'il faut acquérir. Car dans 70% des cas, la victime est un proche, or l'état de panique, de sidération ou la peur de mal faire peut nous bloquer. Afin d'acquérir une forme de réflexe, il est donc important de se rafraîchir régulièrement la mémoire, si possible tous les ans, auprès des associations de sécurité civile agréées, via des stages ou de la formation à distance. 

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