Le choix cinéma de Laurence Peuron :

Affiche Seuneung
Affiche Seuneung © Radio France

Uneung , un thriller réalisé par Shin Su-Won, une jeune réalisatrice coréenne. Le Suneung est le test d'aptitude ultra sélectif que passent tous les lycéens coréens pour pouvoir rentrer à l'Université. Il est plus que le bac puisqu'il induit un classement national et fonction de son rang, chacun accède à un enseignement plus ou moins côté.

Réussir le Suneung revêt donc une importance capitable pour tous les jeunes qui veulent réussir et qui, c'est le cas dans le film, sont parfois prêts à tout...

Prêts à tuer très clairement. C'est dit dès le début du film qui s'ouvre sur le cadavre d'un adolescent salement trucidé. Il étaitle meilleur élève de la classe d'élite du lycée.

Le film joue le thriller. Un suspect principal, un jeune garçon brillant mais issu d'un milieu modeste qui pourrait avoir eu intérêt à écarter le meilleur élément pour prendre sa place.

Mais le film de genre n'intéresse la réalisatrice qu'à la marge, ce qu'elle veut mettre en lumière c'est la violence faite par l'éducation aux jeunes coréens. Shin Su-Won a elle même étant enseignante, elle sait de quoi elle parle.

Dans ce lycée, une classe d'élite donc à laquelle n'ont accès que 10 éléves, les 10 meilleurs, mais le classement évoluant sans cesse, ils sont susceptibles de chuter.

Une petite bande a donc mis au point un système d'entraide à l'aide d'un cahier jaune qui n'est utilisable que par les 10 membres de cette quasi secte. Pour y appartenir, il faut se livrer aux pires exactions.

On découvre petit à petit, derrière le thriller bien ficelé, une critique féroce du système de formation des élites coréennes. La détresse de ces adolescents dont le taux de suicide est le plus élévé au monde. La réussite a un prix dit le sous titre du film... En Corée, c'est celui des larmes et parfois sang.

VOIR LA BANDE ANNONCE :

Le choix expo de Stéphane Capron: l'exposition Luciano Castelli à la Maison Européenne de la photographie

Luciano Castelli
Luciano Castelli © Radio France

Le suisse Luciano Castelli se met en scène dans des autoportraits, et pas n'importe lesquels car il se travestit. Il a débuté sa carrière à Berlin dans les années 90 dans le milieu de l'underground. Il pratique un un travestissement festif. Sa volonté n'est pas de choquer, mais de théatraliser son corps. L’exposition présente une large sélection d'autoportraits de Luciano Castelli réalisés entre 1973 et 1986 et dévoile également pour la première fois sa correspondance avec Pierre Molinier après leur rencontre en 1974. Pierre Molinier étant le grand photographe français qui s'était fait une spécialité du travestissement.

Le choix litérrature d'Ilana Moryoussef : L'exception d'Audur Ava Olafsdottir

L'exception d'Audur Ava Olafsdottir
L'exception d'Audur Ava Olafsdottir © Radio France

« Tu seras toujours la femme de ma vie. » Dans le vacarme d’un réveillon de nouvel an, María n’entend pas ce que Floki, son mari, lui annonce : il la quitte pour son collègue, spécialiste comme lui de la théorie du chaos.Heureusement, dans la nuit de l’hiver polaire, Perla est là, charitable voisine d’à peine un mètre vingt, co-auteur de romans policiers et conseillère conjugale, qui surgit à tout moment de son appartement de l’entresol pour secourir fort à propos la belle délaissée...

Ni Perla la naine surdouée, ni María l’épouse idéale démunie devant une orientation sexuelle désormais incompatible, ni les autres acteurs de cette comédie dramatique à l’islandaise – adorables bambins, belles-familles consternées ou complices, père génétique inattendu – ne détournent le lecteur d’une alerte cocasserie de ton, d’une sorte d’enjouement tendre, de brio ininterrompu qui font de l’Exception un grand roman de la déconstruction et de la reconstruction narcissique à la portée du commun des mortels. (Note de l'éditeur)

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