Le choix d'Isabel Pasquier: "Live from the KCRW" de Nick Cave and The Bad Seeds

10 ballades crépusculaires et célestes à la fois avec plusieurs titres de son dernier album :" Push the sky away ! " ("Repousse le ciel ! ") il y a du feu dans le timbre de cette voix diabolique comme une une urgence sur le chemin de la rédemption avec des violons et des des voix d'ange pour neutraliser ses démons intérieurs.

Et dans ses prières sulfureuses Nick Cave nous donne cet avertissement : " Certains pensent que ce n'est que du rock"... mais non ça descend dans votre âme.

Nick Cavel'ex-punk s'éloigne de la rage fiévreuse qui brûlait dans "Les ailes du désir " de Wim Wenders. Sa voix se fait limite tremblante quand elle donne dans l'incantation . On se dit qu'il se rapproche étrangement du mystiqueLéonard Cohen mais avec eux entre l'enfer et le paradis les parois ne sont pas étanches et l'eau bénite de l'australien a un goût de poison adictif.

Le choix de : "Homme pour Homme" de Brecht à l'Espace des Arts de Chalon-sur-Saône

Homme pour homme
Homme pour homme © Radio France

Homme pour homme c'est une pièce de jeunesse de Brecht . L'histoire d'un docker qui ne demande rien à personne. Et qui se trouve embriguader malgré lui dans l'armée par un groupe de soldats qui lui fait perdre son identité.

On est donc dans la manipulation de l'espèce humaine. Les soldats vont traiter plus bas que terre ce pauvre docker.

Et à la différence des textes qu'il écrira plus tard, cette pièce de Brecht est plus poétique que politique .

Clément Poirée a souligné le caractère burlesque de la pièce. Mais c'est souvent surjoué à l'excés. La grande qualité du spectacle, c'est la lecture limpide qui est donnée du texte de Brecht.

Homme pour Homme de Brecht dans une mise en scène de Clément Poirée jusqu'à demain soir à Chalon-sur-Saône à l'espace des Arts. Puis à partir du 17 janvier pour un mois à la Tempête à Paris.

Le choix de Laurence Peuron :Suzanne de Katell Quillévéré

Suzanne
Suzanne © radio-france

Katell Quillévéré s'est inspirée du parcours personnel de femmes d'ennemis publics, comme celui de Jeanne Schneider la compagne de Mesrine .

Elle a constaté que ces femmes avaient souffert de l'absence d'une mère. Suzanne et sa soeur ont perdu la leur très jeune, c'est leur père, étonnant François Damiens, qui les élève.

On est début des années 80, il est chauffeur routier, souvent absent, les filles sont très libres, rieuses et aimantes.Puis Suzanne tombe enceinte, elle a 16 ans...puis Suzanne tombe amoureuse, elle en a guère plus, puis elle tombe tout simplement. Sara Forestier, dans le rôle de Suzanne est impressionnante. Elle a l'énergie et le côté fêlé, à vif, de la Bonnaire des débuts.Alors c'est vrai on a tendance à se mettre du Pialat sous la plume dès qu'il s'agit d'estampiller un grand film d'auteur français qui parle autant à la tête qu'au ventre.Katell Quillévéré, dit elle même qu'elle est née au cinéma grâce à ses films. En terme de puissance et liberté, elle peut revendiquer la filiation.

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