Aller au cinéma en famille voir le film de Miyazaki "Le vent se lève", lire "Le russe aime les bouleaux" de Olga Grjasnowa; écouter le 1er album de Rivière noire, et sortir au théâtre à Malakoff voir "Le Prince" de Machiavel.

Le choix cinéma de Laurence Peuron : "Le vent se lève" de Miyazaki

L'affiche est un peu trompeuse, ce Miyazaki a plus à voir avec Porco Rosso qu'avec Ponyo sur la Falaise. On est dans la veine adulte et assez sombre du réalisateur japonais.

Hayao Miyazaki a toujours été fasciné par la poétique de l'aviation. Il met en images l'utopie d'un jeune ingénieur aéronautique qui voulait créer des avions seulement pour la beauté de les voir voler. Mais nous sommes fin des années 30, le Japon a des préoccupations bien plus belliqueuses et Jiro Horikoshi, c'est son nom, comprend que ses inventions seront d'abord des engins de mort.

Si l'on rajoute à cela, une histoire d'amour tragique qui a plus à voir avec la Dame aux camélias qu'avec la Belle au bois dormant...Il est assez évident que ce testament filmique est aussi une vision très désespérée de la course du monde.

Le mantra du film "le vent se lève, il faut tenter de vivre" , emprunté à Paul Valéry renvoie aussi à cette autre phrase de l'écrivain français : "Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles".

Le choix théâtre de Stéphane Capron: Le Prince d'après Machiaval par Laurent Gutmann à Malakoff jusqu'au 25 janvier inclus

Le Prince Machiavel
Le Prince Machiavel © Radio France / Pierre Grosbois

Le Prince a été écrit au début du 16ème siècle par Nicolas Machiavel . C'est un traité politique qui était destiné au Duc Laurent de Médicis afin qu'il apprenne à "bien" gouverner. Quel raisonnance a-t-il aujourd'hui ? C'est ce que s'est amusé à explorer Laurent Gutmann En le confrontant à notre époque.

Il a situé l'action de la pièce dans le local d'une société de formation professionnelle.

Machiavel a face à lui trois stagiaires en réinsertion envoyés par Pôle Emploi, un peu contraints de subir une formation pour devenir Prince . Et l'on peut dire que le spectacle de Laurent Gutmann est un brin ... machiavelique...car c'est à celui qui va faire trébucher l'autre pour conserver le titre de Prince....

La question du pouvoir est au centre de la pièce. Laurent Gutmann y glisse aussi des allusions à l'actualité récente du genre "On vous rappelle qu'un Premier Ministre n'est pas un domestique"

Le spectacle se jouera en mars en Bretagne à Vannes et Saint-Brieuc .

Le choix littéraire d'Illana Moryoussef : " Le Russe aime le bouleau" par Olga Grjasnowa (Editions Escales).

le russe aime le bouleau
le russe aime le bouleau © Editions Escales

Il y a des vies qui sont placées sous le signe des conflits ethnico-religieux. Masha est juive, d’Azerbaïdjan, elle vient donc de l’ex- Union Soviétique et elle vit en Allemagne.

Elle porte en elle la mémoire des pogroms, sa famille a fui le conflit entre Azéris et Arméniens ; en Allemagne, elle est considérée comme une immigrée russe. La victimisation, très peu pour elle…Elle entreprend donc de soigner le mal par le mal. Elle apprend d’autres langues, encore plus de langues…Français, anglais, espagnol, italien arabe et même un peu de polonais….Elle veut devenir interprète à l’ONU.

La mort accidentelle de son compagnon lui enlève le peu de stabilité qu’elle croyait avoir trouvée. Elle part en Israël. Fausse bonne idée car elle se retrouve au cœur d’un conflit. Les fantômes du passé la rattrapent. Les images du présent se mêlent à celles d’autrefois.

L’écriture est fiévreuse, nerveuse, coléreuse…Elle reflète la déconstruction identitaire de Mascha qu’est-ce qu’un patrie, qu’est-ce qu’un endroit où l’on se sent chez soi.

Le choix musical du service culture : Rivière Noire (par Julie Droin)

Avec la sortie du1er album de Rivière noire, un album qui était très attendu. Le trio pop rock folk avait fait parler d’eux l’année dernière en sortant un EP avec cinq titres. Cinq titres qui avaient suffit à convaincre le public au point de faire salle comble aux premiers concerts. La suite de cet album est donc enfin arrivée et nous emmène dans un long voyage mélodieux vers l’Afrique.

Rivière noire c’est d’abord l’histoire d’une rencontre entre trois hommes. Orlando Moraïs, grand chanteur brésilien, Pascal Danae, guitariste d’origine guadeloupéenne et Jean Lamoot devenu un talentueux réalisateur d’album. L’un veut revenir aux sources de la musique brésilienne, l’autre est à la recherche de ses racines et le dernier a grandit en Afrique.

Rivière Noire
Rivière Noire © Bate Longe

L’album est un long voyage africain, teinté d’influence et de confluence brésilienne. Les trois artistes se sont retrouvés autour d’une même envie, la quête d’une Afrique proche et lointaine à la fois. Le titre Londres Paris renvoie à cette nostalgie des déracinés, une nostalgie positive car chaque voyage apporte de nouvelles rencontres. On se laisse bercer avec plaisir par le flot tranquille de cette rivière noire.

L’album est dans les bacs depuis le 20 janvier, ils seront également en concert à l’Alhambra le 30 janvier pour le festival Au fil des Voix.

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