Le service culture vous propose d'aller voir au cinéma L'été des Poissons volants , de lire Les jacarandas de Téhéran de Delijani Sahar, sans oublier le Printemps de Bourges et la tournée en France du danseur étoile, Nicolas Le Riche.

Le choix cinéma de Laurence Peuron : "L'été des Poissons volants" film franco chilien de Marcella Said.

Des carpes et des indiens Mapuche. On est dans le sud du Chili, dans ces zones de montagnes détrempées par les pluies, des lacs qui exhalent des brumes épaisses, un climat trouble qui fait peser sur l'histoire une inquiétude sourde.

Soit donc une famille de bourgeois de Santiago qui a élu ici le lieu de leur villégiature. Une maison toute de bois et de verre où résonnent le jour, les cris des enfants, le bruit des éclaboussures dans le lac. La nuit, on ingurgite des grands crus entre gens de bonne société.

Mais il y a les carpes, les carpes qu'on a fait venir d'ailleurs et qui se multiplient dangereusement. On commence à tenter de les éradiquer à la dynamite, un jeune domestique, indien mapuche, y perd son tympan... Puis il y a le domaine qu'on veut protéger des intrus. Des clôtures qu'on installe donc sur des terres dont on sait qu'elles appartenaient ancestralement aux mapuches.

Marcela Saïd, l'air de rien y toucher montre l'irréductible fracture entre ces possédants et ceux qu'ils ont dépossédés, la violence de ces rapports de classes que tout le monde fait mine d'ignorer. Elle y parvient avec des brumes savantes et un vrai regard sur la société qu'elle filme.

Le choix spectacle de Stéphane Capron : "Itinérances" de Nicolas le Riche

Nicolas Le Riche
Nicolas Le Riche © Radio France / Anne Deniau
Nicolas Le Riche est ce que l'on peut appeler une star de la danse. Il a été nommé très tôt étoile, à l’âge de 21 ans par **Patrick Dupont** . Au côté de **Sylvie Guillem** ou de **Marie-Claude Pietragalla** , il a marqué les grandes heures de Garnier depuis un quart de siècle. Il va quitter le ballet de l’Opéra de Paris pour aller au devant d'un public qui n'a pas l'occasion de se rendre sous les dorures de Garnier. Il est actuellement en tournée avec "Itinérances". Nicolas Le Riche a conçu une programme qui lui ressemble: très éclectique et sans frontière qui va de **Roland Petit** avec _Le jeune homme et la mort_ qui l’a rendu célèbre à **Angelin Preljocaj** avec _Annonciation_ . Il a aussi convaincu le chorégraphe et danseur anglais **Russel Maliphant** de l’accompagner dans cette aventure. Ils vont danser tous les deux, Critical Mass. Nicolas Le Riche fait un beau cadeau aux spectateurs puisqu'il s'est entouré des danseuses étoiles du ballet de l'Opéra de Paris : **Isabelle Ciaravola** et **Clairemarie Osta** pour ce spectacle qui l’on pourra voir ensuite à Blagnac jusqu'au dimanche 27 avril, puis à Cannes, Boulogne-Billancourt avant Paris et le Théâtre des Champs-Elysées en novembre 2014. ### Le choix littéraire de Chrtistine Siméone: "Les jacarandas de Téhéran" de Delijani Sahar - Editions Albin Michel **Ce livre permet d'approcher ce qu'est le peuple d'Iran, à travers les destins de plusieurs familles** . Par exemple la famille d'Amir, Maryam et Sheida leur fille. Amir, militant contre le régime iranien dans les années 80 fait partie de ces milliers de personnes exécutées en 1988 sur ordre des Comités de la mort. A sa femme Maryam il a été demandé un jour de venir récupérer les affaires de son mari à la prison et d'écrire sur une feuille "Mon mari n'existe plus nulle part". Maryam va choisir de taire pendant de longues décennies le sort de son père à Sheida, née alors qu'il venait d'être arrêté.
Un long silence jusqu'en 2009 au moment où les jeunes iraniens, à nouveau, se révoltent dans Téhéran. Sheida est devenue une jeune femme, et elle va réclamer la vérité sur son père. Sheida, enfant d'une révolution, adulte exilée au moment où se déroule la révolte de sa propre génération. Le livre de Delijani Sahar fait des allers-retours constants entre les années 80 et les années 2000, entre Téhéran et Turin, lieu d'exil de certains des personnages. **C'est un roman poignant et puissant** , qui raconte le sort terrible des prisonniers des années 80, ou la violence policière des années 2000, un livre poétique également, qui puise dans la poésie iranienne, avec une réflexion profonde sur les raisons de l'engagement, de la lutte, sur le deuil dans les familles ou les relations entre générations. ### Le choix musical d'Isabelle Pasquier en direct du Printemps de Bourges
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.