Dupeyron pour le cinéma, Pierre Lemaître pour la littérature et les Francophonies de Limoges sont les choix culturels de la rédaction pour ce week-end.

Le choix de Laurence Peuron : [Mon âme par toi guérie ]()

Mon âme par toi guérie - François Dupeyron
Mon âme par toi guérie - François Dupeyron © Radio France

Mon âme par toi guérie , est le titre du film queFrançois Dupeyron a réalisé à partir de son livre Chacun pour soi, Dieu s’en fout paru en 2009 aux éditions Léo Scheer.

François Dupeyron revient au cinéma après 7 ans avec de lutte contre un système qui selon lui a tout de celui que dénonçait Milos Forman en son temps : comme le Parti d'avant, la télé dit oui tu fais le film, elle dit non...va crever la gueule ouverte! Pourquoi un cinéaste finit-il par ne plus intéresser? Pourquoi les gens qui financent ce que notre temps de cerveau utile est censément capable d'héberger se disent ils que décidément non Dupeyron ne parle plus, que ses histoires peuvent rester sur le papier, qu’au cinéma elles sont désormais inaccessibles. Il a voulu adapter Voyage au bout de la nuit . Échec. Il a écrit. On lui a répondu des choses obscènes, du genre trop de gros mots dans le scénario... Bref, 7 ans de portes qui claquent pour parvenir à Mon âme par toi guérie . On est comme toujours chez Dupeyron dans quelque chose qui a à voir avec le deuil et sa consolation…Gadebois vient de perdre sa mère, elle était guérisseuse, elle lui a transmis ce don, il ne veut pas en entendre parler… Mais soudain à moto, il renverse un enfant qui ne se réveille pas, puis il rencontre une femme, Céline Salette, qui à force de s’oublier dans l’alcool pourrait finir par disparaître complètement elle aussi.... Dans "Mon âme par toi guérie", il y a d’abord le corps de Grégory Gadebois : il est massif Gadebois et pourtant Dupeyron en fait une danseuse…Il le fait voler sur sa moto, entrer en transe épileptique…Il a surtout l'infinie douceur qui traverse le film même lorsqu'il s'enfonce dans les pires douleurs. Dupeyron raconte des histoires tristes qu'il rend à la lumière. Sans doute comme il se sauve lui même : par le cinéma...

Le choix de Stéphane Capron

Défendre la place de la francophonie sur les scènes internationales et en France, tel est le crédo des Francophonies du Limousin depuis 30 ans. Toutes les formes artistiques se côtoient jusqu’au 6 octobre.

Ce festival est une merveilleuse chambre d’écho pour tous les artistes francophone. Depuis 30 ans c'est une rampe de lancement pour les auteurs, les metteurs en scène, les acteurs. Créé par Pierre Debauche, il permet à des artistes exclus des scènes françaises de sortir du bois. Ancré au départ sur les Antilles et l’Afrique, il interroge désormais l’Amérique du Nord, le Maghreb ou l’Europe. Il est dirigé par Marie-Agnès Sevestre depuis 2006.

Inauguration Francophonies
Inauguration Francophonies © Stéphane Capron

Le choix d'Ilana Moryoussef : Au revoir là-haut

Pierre Lemaître
Pierre Lemaître © Thierry Rajic / Figure/Albin Michel

Ce roman signé d'un auteur classé normalement dans les rayons Polar. Pierre Lemaitre qui se lance donc dans le roman classique avec cette fresque de la France de l'après première guerre mondiale... France qui officiellement glorifie ses poilus, mais dans les faits la réinsertion de ces gueules cassées est loin d'être facile. Le livre figure dans la sélection des 6 prix littéraires de la rentrée et il vient d’être élu roman préféré des libraires, selon l’enquête menée par le magazine professionnel Livres Hebdo auprès de 300 libraires. La guerre, pour ceux qui la font, est souvent un immense malentendu. Les deux héros de ce livre, Albert, un modeste employé de banque et Edouard, un peintre homosexuel brillantissime et provocateur, ces deux jeunes hommes donc, s’imaginent que l’essentiel, c’est de survivre, c’est ne pas se faire tuer. La guerre se termine, et ils découvrent que le plus dur, c’est de continuer à vivre dans une France qui est pressée d’oublier.Au revoir là haut , c’est de la littérature populaire de qualité. Il y a une intrigue, des rebondissements, un souffle romanesque. Ça se lit comme un feuilleton. On ne lâche pas le livre.

Pierre Lemaître, Au-revoir là haut est publié chez Albin Michel.

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