Tout l'été dans Les choses de la ville, on décortique les objets de nos villes avec ceux qui les conçoivent ou les habitent. Aujourd'hui, on s'intéresse au parc Blandan, à Lyon, en compagnie de l'architecte paysagiste Bertrand Vignal, de l'agence Base.

Vue aérienne du parc blandan, Lyon, 2020
Vue aérienne du parc blandan, Lyon, 2020 © Radio France / David Abittan / France Inter

Dans Les choses de la ville aujourd'hui, direction le parc Blandan à Lyon aménagé par l'agence Base co-fondée par l’architecte-paysagiste Bertrand Vignal. Il nous en fait la visite au départ d'une place laissée volontairement vide par les architectes, la place d'armes de l'ancienne caserne Blandan qui accueillait des militaires jusqu’en 1999.

Un lieu, de multiples usages

Le site a depuis été racheté par la Métropole de Lyon, qui souhaitait en faire le troisième parc en superficie de la ville. Un parc constitué de nombreux espaces, abritant chacun de multiples usages, à l'image de cette place d'armes, ce «vide assumé dans la ville» :

Cette grande place permet d’accueillir des concerts, des festivals, etc. Aujourd’hui on a une école temporaire pour une durée de deux à trois ans parce qu’il fallait réhabiliter une autre école. C’est un site qui permet aussi de stocker des choses non prévues dans la ville.

Cette grande place, conçue en léger creux, peut aussi se remplir d’eau. Par temps de fortes pluies, elle est alors inondée avant de diffuser l'eau dans les nappes phréatiques plutôt que de la laisser filer dans les canalisations, favorisant ainsi son cycle naturel.

Les parcs dans la transition environnementale des villes

Plus qu'un équipement public, les parcs se situent aujourd'hui au cœur d'enjeux de transition environnementale des espaces urbains. Au parc Blandan, il est spécifiquement valorisé par le traitement de certaines plantations, à l’image du square ouvert qui voisine avec la place d’armes. Loin de l’image du parterre de fleurs habituels, on croirait presque que le lieu a été laissé dans son état d’origine. Bertrand Vignal revient sur la genèse du projet : 

Quand on a découvert le site, tout était en friche, les militaires étaient partis depuis dix ans, et il y avait une certaine poésie de la friche, qui relève de la dynamique végétale. On voulait qu'elle soit visible.

Nous quittons désormais la place d'armes, direction les hauteurs du parc pour découvrir un splendide panorama sur la ville de Lyon, depuis un grand rempart qui participait à la défense de la ville au XIXème siècle.

Plus bas, se trouve une partie de forêt, interdite d'entrée pour «installer une vraie écologie, complexe et complète à cet endroit», ainsi que l'explique Bertrand Vignal.

C’est un vrai lieu de fraicheur. Là, on vient de perdre dix degrés d’un coup entre le plein soleil du fort et ici.

La végétation présente en effet la double faculté de créer de l’ombre, mais aussi de faire remonter à la surface, l’eau présente dans les sols. Ces deux phénomènes participent à faire baisser la température de l’air, et justifient le grand intérêt que les villes portent désormais à augmenter leurs surfaces plantées.

Les choses de la ville, en partenariat avec l'Ordre des architectes.

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