Cet été, dans Les choses de la ville, on décortique les objets de nos villes, avec ceux qui les conçoivent, aujourd’hui l’église…

Vue aérienne de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans
Vue aérienne de la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans © AFP / ANDRE DURAND

La cathédrale, une église d’un genre particulier. Elle est souvent plus grande puisque c’est là que siège l’évêque. Avec nos mots, on pourrait dire que l'église rayonne à peu près à l’échelle d’un département.

C’est le cas notamment à Orléans, où se trouve la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans. Samuel, guide-conférencier à l’Office de tourisme, fait visiter l'édifice : 

Disons que la cathédrale c’est vraiment le siège principal, en fait, du culte dans la ville. [...] C’est un peu ce phare qui illumine la ville, et surtout à Orléans avec cette cathédrale de 114 mètres de hauteur, qu’on voit très bien depuis l’A10.

Avec ses deux tours de 88 mètres de haut et sa flèche qui culmine à 114 mètres, elle reste, aujourd’hui encore, le plus haut bâtiment de la ville. Elle a pourtant beaucoup évolué depuis sa construction. Et notamment ce grand parvis qui l’entoure et la met en valeur. Comme toutes les grandes places accolées aux églises, il faut les imaginer à l’époque beaucoup plus denses.

A Orléans, la cathédrale a été achevée en 1829 et la flèche, quant à elle, date de 1858

Elle est issue de la reconstruction d’une cathédrale antérieure détruite en partie deux siècles auparavant. Visitons le narthex. Cet espace extérieur prend place dans le portique, à l’entrée de l’édifice. Geneviève, guide-conférencier à l’Office de Tourisme : 

Le narthex, c’est disons le hall d’entrée de la cathédrale. Et autrefois, il fallait être baptisé pour rentrer dans un édifice catholique, autrefois il y a très très longtemps. Et donc les personnes non-baptisées restaient là, et elles pouvaient quand même entendre et suivre l’office, voilà. 

Un autre symbole, plus important encore : la grande hauteur du bâtiment qui amène beaucoup de lumière naturelle

La lumière, c’est vraiment le matériau premier d’une cathédrale gothique, elle symbolise le lien avec les cieux. Autour des XIe et XIIe siècles, on sait désormais construire beaucoup plus haut, avec des éléments beaucoup plus fins. Grâce notamment à l’utilisation de ce que l’on appelle l’arc brisé, c’est-à-dire un assemblage de pierre en arc, qui forme une pointe comme un chapeau d’évêque. 

Alors, là on voit les arcs-boutants. Ce sont ces arcs en pierre très en pente. Ils soutiennent la cathédrale de l’extérieur, parce que, à l’intérieur vous avez pu remarquer que les voûtes sont très hautes, elles font 32 mètres de hauteur, et ces voûtes exercent des poussées sur les côtés. 

La flèche de la cathédrale d’Orléans, qui aurait inspiré celle de Viollet-le-Duc pour Notre-Dame de Paris

Après l'incendie de Notre-Dame de Paris, on a beaucoup entendu parler de la charpente de la cathédrale, "la forêt". Celle d'Orléans aussi est un bel exemple. 

Voilà la charpente de la cathédrale, qui date du XVIe siècle, elle a été construite avec les chênes de la forêt d’Orléans, donc c’est toute une forêt de chêne au-dessus de votre tête, et la charpente est entièrement chevillée. 

Depuis les tours de Sainte-Croix d’Orléans et la vue est invraisemblable. La situation géographique est importante. Comme les cathédrales de Bourges, Soissons, Paris ou Valence ; mais aussi, comme dans les plus petites villes en France : l’église est toujours au centre du village !

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Cette chronique est réalisée en partenariat avec l’Ordre des Architectes.

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