Tout l'été dans Les choses de la ville, on décortique les objets de nos villes avec ceux qui les conçoivent ou les habitent. Aujourd'hui, on s'intéresse au logement et ses parties communes, en compagnie de l’architecte Corinne Vezzoni.

la Cité Radieuse, à Marseille, par Le Corbusier
la Cité Radieuse, à Marseille, par Le Corbusier © AFP / Bertrand Rieger / Hemis

Les choses de la ville nous entraînent à Marseille, au cœur de la Cité Radieuse conçue par l'architecte Le Corbusier. Dans cet immeuble de logement innovant du début des années 1950, les parties communes se sont révélées particulièrement précieuses en période de confinement.

Pour l’architecte Corinne Vezzoni, tout commence avec l'unique hall d’entrée de ce bâtiment impressionnant.

Dans un immeuble classique traditionnel, vous demandez au promoteur de construire 230 logements vous aurez 3 ou 4 halls. Là il n’y en a qu’un, ce qui oblige les gens à tous se rencontrer sur un même lieu, se croiser, attendre les ascenseurs. Si l’architecture doit être propice a tous ces sujets là de sociabilité, de rencontre, d’échange, c’est l’espace commun qui règle ça. S’il est confortable, éclairé, s’il est aux justes proportions, il encourage les gens à rester et à se connaître.

Corinne Vezzoni connaît très bien l'édifice. Et pour cause, elle y a installé son agence pendant des années, au niveau de ce que l’on appelle la «6ème rue» autrement dit le 6ème étage de circulations.

Nous voilà dans une rue classique de logements. Déjà sur la terminologie ce ne sont pas des couloirs ou des circulations, ce sont des rues. Elles portent même des noms et vous voyez d'ailleurs, que les boîtes aux lettres, à l’origine, n’étaient pas au rez-de-chaussée et rassemblées, mais au droit de chaque porte. C’était comme une rue avec des réverbères, des bancs, chacun sa boîte aux lettres, toujours avec cette idée de la rue dans l’espace public.

Les parties communes d’un immeuble sont généralement à mi-chemin entre un lieu public, puisqu’ouvertes à tous les habitants de l’immeuble, et un lieu privé, car pourtant réservées aux seuls habitants de l’immeuble. Pour la Cité Radieuse, Le Corbusier a souhaité aller plus loin en créant de véritables espaces publics : entre autres des commerces, un restaurant, un hôtel mais aussi un toit terrasse, élément incontournable de l'architecture moderne.

Je pense que les toits sont une vraie opportunité. C’est une surface offerte qu’il ne faut plus oublier car on ne peut plus consommer les sols comme on les consommait avant, il faut trouver des astuces pour optimiser la terre. 

Au sommet de la Cité Radieuse, on trouve aujourd'hui un gymnase, un musée d'art et une école maternelle. Mais sans aller jusque là, la simple mise en commun de ces espaces de toiture ce sont des surfaces supplémentaires que peuvent investir les habitants, et des lieux de rencontre indispensables. Le confinement que nous avons récemment connu l’a bien rappelé.

Cette chronique est réalisée en partenariat avec l’Ordre des Architectes.

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