Tout l'été dans Les choses de la ville, on décortique les objets de nos villes avec ceux qui les conçoivent ou les habitent. Ce dimanche, rendez-vous à Baulon près de Rennes pour y visiter sa nouvelle école primaire avec son architecte Cédric Smal, du collecif Faro.

École élémentaire de Baulon (35) - Architecte : Collectif Faro
École élémentaire de Baulon (35) - Architecte : Collectif Faro © François Dantart

David Abittan nous emmène aujourd'hui à Baulon, près de Rennes, où l'architecture de la nouvelle école primaire semble être mise en scène pour mieux nous en faire comprendre les enjeux.

À l'écart de la rue principale, on repère le bâtiment d'assez loin notamment grâce à sa grande toiture, un préau immense que nous décrit son architecte Cédric Smal, du collectif Faro :

Ce toit, c’est le cœur du bâtiment, et c’est un peu tout le principe du projet. Il fait 400 mètres carrés ce préau couvert, il prolonge en plus la cour de récréation, il prend place entre l’école, les salles de classe, d’un côté, et puis le restaurant scolaire. De telle sorte qu’il va desservir tous les locaux de l’école, et qu'il n’y a pas de circulation intérieure. On accède directement dans les salles de classe par ce préau.

Le préau est un inconditionnel du bâtiment scolaire car il permet une utilisation de la cour de récréation par tous les temps. Ici, il prend d’autant plus part au bâtiment qu’il relie les différentes salles de l’école. 

C’est aussi sous ce préau que se font toutes les circulations, mais il participe aussi à la gestion des eaux pluviales grâce au chéneau, la gouttière à l’intersection des différentes parties de la toiture, qui guide la pluie pour l’amener sur un petit fossé qui regorge de plantations. On appelle cela une noue, précise l'architecte : 

Cette noue elle récupère toutes les eaux de toiture, par ce dispositif de chéneaux déversoirs. Quand il pleut, c’est la cascade. Et cette eau, après être passée dans la noue, va dans une cuve de récupération d’eau de pluie, qui est utilisée pour arroser les autres plantations. Et de cette cuve de récupération d’eau de pluie, elle va vers une autre noue, avant d’évacuer dans le réseau.

Un élément qui est tout sauf anodin car en dispersant l'eau dans les sols, plutôt que dans le réseau de tuyaux de la commune, on participe notamment à réduire les risques à la fois d’inondation et de sécheresse. C’est l’un des grands enjeux de la construction aujourd’hui.

Plus largement dans la conception de cette école, les architectes ont vraiment cherché à rendre compréhensible leur bâtiment et à expliquer comment il a été conçu parfois même de façon très littérale. Le bâtiment d’accueil du réfectoire en est un bon exemple, puisqu'on peut voir, par transparence, de quoi la façade est constituée : 

On a un espèce de sas couvert extérieur, qui permet soit de laisser les enfants un peu à l’abri, soit les parents le soir, quand ils récupèrent les enfants de l’école. L’idée était de montrer la construction bois. C’est donc un bardage en polycarbonate transparent qui permet de voir derrière les montants en bois du mur ossature bois.

Si montrer ainsi les entrailles d’un bâtiment comprend un côté ludique, ça permet aussi de valoriser la mise en œuvre de matériaux peu communs comme l'isolation végétale en laine de bois ou, plus étonnant encore, des murs en terre crue dans les salles de classes : 

L’idée c’était effectivement de laisser la terre apparente, et de ne pas venir la recouvrir avec un enduit. Ces murs en terre crue ont une présence très forte.

Bien qu'utilisée depuis des millénaires dans l'architecture, la terre crue a largement été oubliée durant le siècle dernier malgré ses qualités notamment thermiques. Dans cette salle de classe, on ressent un air frais sans climatisation et malgré la forte chaleur extérieure. La particularité de sa présence sur ce site tient aussi au fait que la terre a directement été extraite sur le site :

On sait que le secteur du bâtiment a un impact énorme sur les émissions de gaz à effet de serre. Lorsque l'on construit un bâtiment bas carbone aujourd’hui, il faut le montrer. Encore plus dans une école, puisque ce sont les générations à venir. C'est important qu’ils puissent comprendre comment est fabriqué ce bâtiment. Et tout le principe de cette école est aussi basé là-dessus.

Les choses de la ville, en partenariat avec l'Ordre des architectes.

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