Tout l'été dans Les choses de la ville, on décortique les objets de nos villes avec ceux qui les conçoivent ou les habitent. Aujourd'hui, zoom sur le lavoir communal à travers la visite de celui de Nocé, dans l'Orne en compagnie de Florent Maillard.

Le lavoir de Nocé
Le lavoir de Nocé © Florent Maillard

Les choses de la ville nous emmène dans l'Orne, à la découverte du lavoir communal de Nocé en compagnie de de Florent Maillard, en charge de l’inventaire du patrimoine bâti au Parc Naturel Régional du Perche.

Cette construction modeste est située en bordure d'une petite rivière que l'on appelle l'Erre : 

On est au bord, bien sûr, de l’eau, évidemment, c’est ce qu'il y a de plus important puisque le lavoir sert aux lavandières pour laver le linge….

Elle se caractérise par une toiture assez simple, ici un appentis autrement dit un toit à un seul pan. Arrivé sur les lieux, Florent Maillard explique :

Le bâtiment est fermé sur trois côtés, histoire que les lavandières ne soient pas sous l’eau, puisque le vent peut amener l’eau sur les côtés, et aussi soient un peu à l’abri du vent.

Chargées de laver le linge, les lavandières devaient ainsi faire bouillir l’eau avec tout le linge sale, y mélanger des cendres, laisser reposer le tout avant de l’emmener au lavoir pour le rincer et le battre en s’aidant de la bordure de pierre ou de béton qui se trouvait à leurs pieds. 

Une activité qui, si elle nous parait bien lointaine, remonte pourtant à la grande vague hygiéniste du XIXe siècle pour se poursuivre jusqu'au début du XXe :

On va retrouver jusqu'en 1930, le lave-linge va y mettre fin : il n’y a plus d’usage, alors on n’en construit plus, et petit à petit on le délaisse.

Bien que ces bâtiments ne soient plus utilisés, ils demeurent un peu partout comme un lieu de rendez-vous ou une étape de promenade dont on réinterroge aujourd'hui l'avenir, au même titre que les vieux fournils ou encore les cabines téléphoniques à l'heure où l'on cherche à réinvestir les centre-bourgs.

Il faudra peut-être aussi se poser la question de l’architecture religieuse, ce sont des édifices qu’il faut entretenir, qu’il faut restaurer, qui sont complexes à entretenir. Il y a beaucoup de communes qui se posent la question par rapport à ces édifices, parce que ça coûte très cher, est-ce que le jeu en vaut la chandelle ? »

Une piste réflexion à mener pour répondre aux défis écologiques de demain.

Les choses de la ville, en partenariat avec l'Ordre des architectes.

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