Éternel concurrent de la télévision du séjour, le cinéma doit trouver d'autres façons de se mettre en scène pour offrir à ses visiteurs un espace de loisir mais aussi de vie. David Abittan nous entraîne dans les salles obscures du cinéma Gaumont-Alésia à Paris.

Cinéma Gaumont-Alésia
Cinéma Gaumont-Alésia © Manuelle Gautrand Architecture © Guillaume Guerin

C'est dans le quartier d'Alésia, incrusté entre deux immeubles, que se distingue ce cinéma en mouvement. Avec sa façade alternant baies vitrées et panneaux LED, ce bâtiment moderne et transparent dévoile le 7ème art sous un jour nouveau. David Abittan est allé à la rencontre de son architecte, Manuelle Gautrand

Métaphore animée

À l'aube du XXème siècle, les cinémas arboraient de grands panneaux en papiers collés ou peints. Au XXIème siècle, ces panneaux prennent désormais vie. À l'entrée du Gaumont-Alésia, les affiches s'animent sur la façade pour laisser le jeu de la métaphore faire son effet. Car quelle meilleure vitrine pour que des affiches en mouvement pour un bâtiment destiné à projeter des images animées ?

C'est que c'est une façade qui n'est pas seulement un écran LED, c'est aussi une façade qui est transparente, l'écran est en fait ajouré.

Ce qu'explique Manuelle Gautrand au micro de David Abittan, c'est qu'une fois la nuit tombée, les passants peuvent y voir les spectateurs se promener entre les foyers et les passerelles, derrière la façade. Enfin, l'architecte y ajoute un effet de mouvance grâce au scindement et au soulèvement de la forme de l'écran, semblable à des ondulations.

Un espace théâtralisé

À l'intérieur du cinéma, tout devient un jeu de mise en scène. Il y a d'abord ce plafond, dans le hall d'entrée, qui révèle les gradins d'une salle de projection. À cela s'ajoute la transparence évidente du lieu : presque pas de couloirs, il n'y a que quelques passerelles qui relient les escalators.

Je voulais que l'architecture soit lisible, qu'elle ait un côté pédagogique.

Et puis il y a l'espace d'accès aux salles. Ce lieu est généralement réservé à l'attente et assez peu attrayant. Manuelle Gautrand a complètement repensé l'espace. Elle y a sculpté dans les sols des assises en gradins

Dans ces multiplexes, on arrive, on achète sa place, on va voir le film, et puis on sort et on part direct. Moi je voulais que ce soit comme au théâtre, où vous aviez la notion d'entracte. Je souhaitais vraiment qu'on puisse passer un moment au cinéma.

Bonne séance !

Un reportage de David Abittan. Pour découvrir plus d’informations sur l’architecture, rendez-vous ici.

Cette chronique est réalisée en partenariat avec l’Ordre des Architectes.

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