Dernière grande soirée avant la rentrée. Pas moins de six concerts à l'affiche et Rebecca Manzoni en maîtresse de cérémonie.

Rock en Seine
Rock en Seine © AFP

Tamino 

Impossible de ne pas penser à Jeff Buckley en découvrant ce jeune homme ténébreux, lui aussi touché par la grâce. Une beauté troublante, une guitare aux arpèges délicats et une voix de haute voltige sont ses atouts les plus ravageurs, mais son parcours le différencie du regretté songwriter américain.

Basé à Anvers, Tamino-Amir Moharam Fouad a un père égyptien (lui-même fils d’un acteur et musicien de renom) et une mère flamande (qui lui a donné le même prénom que le prince dans l’opéra de Mozart La Flûte Enchantée). Cette double nationalité irrigue sa musique, mais Tamino trouve aussi ses inspirations ailleurs – notamment chez Edith Piaf, Tom Waits, Leonard Cohen… Interprète habité, il en tire des chansons magnétiques et fiévreuses, où les nuages noirs se dissipent parfois pour des envolées célestes sublimes.

Dirty Projectors 

Même si on ne le souhaite à personne, une rupture amoureuse a parfois des conséquences positives - pour un artiste, cela peut même devenir une bénédiction, une source d’inspiration qui peut donner de très grandes œuvres.

C’est le cas du huitième album éponyme des Dirty Projectors, sorti l’an dernier. Leader visionnaire aux talents multiples (il a collaboré avec David Byrne, Joanna Newsom, Solange, Bombino…), David Longstreth y exorcise sa relation avec Amber Coffman, ex-membre du groupe. Ce trentenaire multi-instrumentiste s’appuie sur des samples sophistiqués et sur des sons R&B qui lorgnent vers le hip hop. Cette métamorphose spectaculaire s’apprécie aussi sur scène, quand d’autres musiciens se joignent à lui pour donner vie à ces nouveaux morceaux futuristes et à son répertoire luxuriant.

Anna Calvi 

Fin décembre, comme un cadeau de Noël avant l’heure, l’Anglaise a lâché quelques indices sur Twitter, en pleine préparation de son troisième album : “J’y suis presque… A bientôt en 2018”. Cinq ans ont passé depuis le précédent, One Breath, une véritable leçon d’audace et de panache qui donna lieu à des concerts à couper le souffle. Eruption volcanique en perspective.

Parcels 

Avec leurs tignasses foisonnantes et leurs fripes retro, ces cinq garçons ne font pas de la musique pour se prendre au sérieux.

Overnight, leur single produit par Daft Punk, fut la bande-son parfaite de l’été dernier. Dignes héritiers du Chic de la fin des Seventies, les Australiens de Parcels ont aujourd’hui installé leur quartier général à Berlin pour composer leurs nouvelles mélodies immaculées. Fin janvier, ils ont posté sur Facebook un message plein de merveilleux sous-entendus : “On est de retour à Berlin. Il fait froid, il fait sombre et on a trois mois sans aucun concert devant nous. Vous voyez ce que ça veut dire ?” Ils partageront sur scène le résultat de cette hibernation créative.

Nick Murphy 

Bas les masques. Depuis fin 2016, l’artiste electro-soul qu’on a longtemps connu sous le pseudo de Chet Faker a décidé de se produire sous son vrai nom : Nick Murphy.

L’Australien a entériné son choix l’an dernier en sortant un nouvel EP, Missing Link, le premier sous son nom de naissance. Loin d’une lubie anodine, ce changement patronymique reflète une rénovation en profondeur de sa musique. Plus question de se planquer derrière des concepts ou des effets spéciaux. “2017 fut une année de risque et d’exploration”, résume-t-il en janvier dernier dans un message Facebook, en postant au passage un dernier court-métrage pour sa magnifique chanson Missing Link. Reste à voir quelles nouvelles merveilles il déploiera pour exprimer son évolution sur son prochain album et en concert.

Fat White Family

C’était en 2014 et on s’en souvient comme si c’était hier : la première performance des Londoniens de Fat White Family à Rock en Seine avait confirmé tous les espoirs placés en eux.

En plein jour, sous un soleil qui leur donnait des airs de vampires éclopés, cette troupe dépenaillée avait alors joué l’un des concerts les plus émeutiers de l’année grâce à des chansons subversives et dangereuses, comme le rock anglais en produit de temps en temps (de The Fall à Killing Joke). Le charisme destroy de leur chanteur, Lias Saoudi, n’y était pas étranger. Depuis, cette famille en or a sorti un deuxième album, Songs For Our Mothers, qui lorgnait vers un psychédélisme troublant, et devrait cette année en dévoiler la suite. Leur influence sur toute une nouvelle génération de groupes anglais (Goat Girl, Shame…) saute aux yeux.

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