Prostitution : L'entremetteuse, Dirck van Baburen, 1622.
Prostitution : L'entremetteuse, Dirck van Baburen, 1622. © Wikimedia

Aujourd’hui dans « Les femmes, toute une histoire » : Faut-il, et peut-on, abolir la prostitution ?

Le 23 juin dernier, Najat Vallaud-Belkacem, notre ministre des droits des femmes (quelques semaines seulement après sa nomination) annonçait dans le Journal du Dimanche son objectif, « voir disparaître la prostitution ».

Une déclaration ambitieuse et courageuse, qui depuis, suscite en France un vif débat, dépassant les clivages classiques droite-gauche. Mais où, tout un chacun (ou chacune) a parfois du mal à se faire une opinion : difficile de ne pas s’indigner de voir encore aujourd’hui des femmes (car, on a les palmes qu’on peut : les prostituées sont à 80% des femmes) réduites à l’état d’objets sexuels, pratiquant 10, 20, voire 30 passes par jour pour le compte de proxénètes… Des mères de famille ou des étudiantes, métamorphosées en escort-girls pour payer leur loyer…

Une démocratie digne de ce nom, qui se donne pour vocation l’égalité hommes-femmes, peut-elle fermer les yeux, sous prétexte que ce serait le plus vieux métier du monde ?

On a aboli l’esclavage et la peine de mort ; pourquoi pas la prostitution ?

Mais face à ce projet, l’opposition est vive. Et ceux qui lèvent la voix ne sont pas que des vieux messieurs, affolés d’être privés de leur libertinage à la française… Des femmes aussi ne sont pas d’accord : des féministes ; et les prostituées elles-mêmes, fâchées d’être traitées en victimes et qu’on parle à leur place… Mon corps m’appartient et j’en fais ce que je veux… Après tout, un rapport sexuel dont le tarif est jugé satisfaisant par les deux partis, ne serait-il pas une transaction commerciale comme une autre ?

Pour en parler je reçois Claude Habib, écrivain, professeur de littérature à Paris III, signataire du manifeste «L’interdiction de la prostitution est une chimère », paru dans le Nouvel Observateur en août dernier ; signé aussi entre autres par Elisabeth Badinter, Régine Deforges, Elizabeth de Fontenay…

Et Thalia Breton , porte parole d’« Osez le féminisme » un mouvement qui a pris clairement parti pour l’abolition de la prostitution.

La revue de presse de Valérie Toranian, directrice de la rédaction de Elle

Au programme ce matin, la navigatrice Ellen Mc Arthur qui défent l'économie circulaire et un entretien avec Elisabteh Badinter : "la liberté des hommes ne va pas sans celle des femmes".

L'interview d'Agathe André

Clara 19 ans, en deuxième année de médecine.

Les liens

Osez le Féminisme Le réseau Osez le féminisme ! est né en juin 2009. Il a été créé par quelques militantes et militants qui s’étaient mobilisés pour défendre le Mouvement Français pour le Planning Familial dont les crédits budgétaires étaient menacés de suppression, en janvier 2009.Conscients des inégalités qui demeurent dans notre société, l'association souhaite convaincre que le combat féministe est toujours d’actualité. Elle a choisi de s'organiser autour d’un journal militant qui a vocation à être diffusé le plus largement possible.

Interdire la prostitution n'est pas une "chimère" : c'est une nécessité Faut-il abolir la prostitution ? "Oui", selon Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes. Action, réaction. Acte 1 : "Interdire la prostitution est une chimère", selon des féministes et intellectuels ayant publié une tribune sur Le Nouvel Obs. Acte 2 : Geneviève Duché, présidente de l'Amicale du Nid, fermement opposée à la prostitution, leur répond.

Tribune contre la pénalisation de la prostitution - le Nouvel Observateur du 23/08/2012 Fin juin, dans un entretien au "Journal du dimanche", Najat Vallaud-Belkacem a fixé la politique du nouveau gouvernement en matière de prostitution. "La question n'est pas de savoir si nous voulons abolir la prostitution - la réponse est oui - mais de nous donner les moyens de le faire", a déclaré la porte-parole du gouvernement et ministre des Droits des Femmes, qui a rappelé qu'une résolution adoptée par le Parlement avec le soutien de tous les partis préconisait   Signataires :Elisabeth Badinter, philosophe, Régine Deforges, écrivain, Caroline Eliacheff, pédopsychiatre, Elisabeth de Fontenay, philosophe, Claude Habib, professeur de littérature (Sorbonne-Nouvelle), Nathalie Heinich, sociologue (CNRS), Claude Lanzmann, écrivain et cinéaste, William Marx, professeur de littérature (Paris-Ouest), Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue (EHESS), Philippe Raynaud, professeur de science politique (Panthéon-Assas), Céline Spector, philosophe (Bordeaux-3), Georges Vigarello, historien (EHESS).

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