Portrait de Marie Curie en 1907
Portrait de Marie Curie en 1907 © Radio France

Comment se fait-il que quand on parle des sciences, si peu de noms de femmes nous viennent immédiatement à l’esprit ? Pourtant, des femmes savantes (ça y est, vous avez remarqué, quand on dit ces deux mots ensemble, on voit tout de suite l’héroïne de Molière, Armande, bas-bleu hypocrite, méchante et faussement savante ?)… Mais non, assumons ces mots : des ‘femmes savantes’, brillantes, rationnelles, qui cherchent et qui trouvent, il y en a toujours eu. Mais l’histoire a enseveli leurs noms dans l’oubli.

Il en a fallu du temps par exemple pour redécouvrir Emilie du Châtelet, éminente physicienne et mathématicienne du 18ème siècle (longtemps cantonnée dans le rôle de maîtresse de Voltaire)… ou encore Clémence Royer au 19ème siècle : c’est elle qui fit connaître en France l’Origine des Espèces de Darwin. Comme les universités étaient fermées aux filles, elle avait appris toute seule dans son coin ; c’était donc une autodidacte, un truc que les savants, les vrais, n’aiment pas. Mais peu importe : Clémence Royer s’est bien amusée : « Les savants, écrit-elle, ont entouré le champ de la science d’une haie d’épines, mais, au-delà il y a des fleurs. Dès lors, j’ai résolu de faire une trouée dans cette clôture ou de sauter par-dessus, s’il le fallait. Je suis entrée dans le champ et j’ai ramassé un bouquet de fleurs. » (remontée)

Pour Marie Curie, LA femme de science par excellence, il en a fallu aussi de la détermination (pour ne pas dire du culot) pour foncer dans les haies d’épines de l’establishment scientifique… Et (pour sa découverte du polonium et du radium, ses travaux sur la radioactivité) devenir la première femme à obtenir un Nobel en 1903 et, comme si ça ne suffisait pas, un deuxième, huit ans plus tard. De cette femme fascinante, nous parlerons dans un instant avec Janine Trotereau, sa biographe.

Et aujourd’hui, en 2011 ?

En France, les études scientifiques sont ouvertes indifféremment aux filles comme aux garçons. Et pourtant, elles ne sont qu’un quart à s’orienter des études supérieures scientifiques… Les haies d’épines sont donc toujours là, mais dans nos têtes…. Au point qu’il a été jugé nécessaire de créer une Bourse pour inciter les filles à s’orienter vers les sciences : la Bourse L’Oréal France-Unesco-Académie des sciences. Deux de ses lauréates, Pauline Dubar et Myriam Paire, sont avec nous aujourd’hui.

Myriam Paire est chercheuse en énergie photovoltaïque et Faustine Dubar chercheuse en chimie médicinale. Elles font partie des dix jeunes chercheuses en science, lauréate de la Bourse L'oréal France pour les femmes et la science qui a été décernée en octobre dernier.

Pour plus d'information : http://www.loreal.fr

Fiami. Les vies de Marie Curie
Fiami. Les vies de Marie Curie © Radio France

Notre dernier invité, Fiami qui vient de publier une BD Les vies de Marie Curie , à commander directemement sur son site internet : http://www.fiami.ch

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