Albert Nobbs
Albert Nobbs © radio-france

Je ne sais pas si vous avez remarqué : est-ce parce que nous approchons du Mardi Gras… Mais on voit beaucoup de femmes habillées en homme en ce moment !

Dans le numéro de mars du magazine Marie-Claire, huit femmes « de pouvoir » ont accepté de se faire photographier grimées et coiffées en homme. Parmi elles : Laure Adler, Rachida Dati, Anne Lauvergeon… Florence Arthaud apparaît avec une moustache… Un vrai loup de mer ! Le but : répondre à la question « Si j’étais un homme, m’aurait-on traitée ainsi ? » Une question que se posent beaucoup de femmes…

Autre actualité: mercredi prochain sort dans les salles « Albert Nobbs » film de Rodrigo Garcia, avec Glenn Close dans le rôle-titre … L’histoire d’une femme qui, pour survivre dans l’Irlande misérable du 19ème siècle, décide de devenir un homme et s’engage comme majordome dans un hôtel.

Des femmes qui s’habillent en homme par provoc, par nécessité, ou parce qu’elles se sentent plus homme… Ou encore, tout simplement, pour éprouver, même l’espace d’un instant, ce frisson de liberté que peuvent donner un pantalon, un veston, une casquette et une moustache… Et surtout, tromper son monde, transgresser cet ordre si strict qui officiellement sépare les hommes et les femmes, leur donnant des rôles bien distincts et souvent bien ennuyeux…

Des femmes qui ont franchi la frontière, eh bien ! Il y en a toujours eu dans l’histoire… C’est ce que nous verrons avec vous Sylvie Steinberg, historienne et spécialiste de l’histoire du travestissement, auteur de « La confusion des genres ; le travestissement de la Renaissance à la Révolution » chez Fayard (2001)

Et je reçois également Christel Mouchard, auteur avec Alexandra Lapierre du livre « Elles ont conquis le monde ; les grandes aventurières, 1850-1950 » chez Arthaud. Où l’on découvre une personnalité singulière et troublante : Isabelle Eberhardt, écrivain, voyageuse, redécouverte bien des années après sa mort, à 27 ans, en 1904, dans le sud algérien. Jeune femme en quête d’absolu et de liberté (en quête aussi sans doute de son identité) qui parcourait l’Algérie en burnous ou vêtue comme un cavalier arabe.

En dernière partie d’émission, c’est au spectacle que je vous emmène. Pour rencontrer une autre femme d’Algérie qui, elle, ne porte ni l’habit d’homme ni le voile : Byouna, la grande comédienne et chanteuse algérienne qui fait un triomphe en ce moment au Théâtre Marigny à Paris. Une femme qui revendique sa liberté : parler et s’habiller comme elle veut, danser, fumer, boire, rire, déconner… Les Tartuffes de tous poils n’ont qu’à bien se tenir…

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