LA grande révolution du XXe siècle, s’il y en eut une, fut celle menée par les femmes pour la liberté à disposer de leur corps grâce au droit à la contraception et à l’avortement.

Comme en 2012 on commence à avoir un peu de recul sur le siècle passé, on se rend compte aujourd’hui que LA grande révolution du XXe siècle, s’il y en eut une, fut celle menée par les femmes pour la liberté à disposer de leur corps, grâce au droit à la contraception et à l’avortement. Depuis que l’humanité existe, un des enjeux principaux du pouvoir masculin a été de garder le contrôle sur la procréation et donc sur le ventre des femmes. Mais depuis toujours aussi, dans le secret, les femmes ont tenté de mettre fin à des grossesses non désirées, avec les moyens du bord : potions soit disant abortives, queue de persil, bain de moutarde… Avec toujours la peur de rater son coup, la peur de se faire prendre, la peur d’y laisser sa peau…Comment se fait-il qu’il a fallu attendre 1970 pour que le droit à l’avortement entre dans le débat public en France ? C’est de tout cela, que nous allons parler aujourd’hui avec mes invités : l’historien Jean-Yves Le Naour qui avec Catherine Valenti a publié en 2003 au Seuil une remarquable « Histoire de l’avortement, 19e-20e siècle », Danielle Gaudry, médecin gynécologue-obstétricienne, qui au début des années 70, avec le MLAC a pratiqué des avortements clandestins ; elle est aujourd’hui responsable de la Commission Avortement au Planning Familial… Michèle Bedos, une des 343 signataires du Manifeste de 1971, des femmes qui reconnaissaient avoir avorté et réclamaient le droit à l’avortement… Et Florence Cestac, célèbre dessinatrice de BD et auteur avec Tonino Benacquista, d’un excellent album « Des salopes et des anges » : une BD qui raconte l’histoire de l’avortement avec au centre, 3 personnages principaux : 3 femmes qui vont se rencontrer dans un des bus affrétés par le MLAC au début des années 70 pour aller avorter en Angleterre…. Une BD très drôle, à lire et offrir d’urgence… ! Une histoire à rappeler d’urgence aussi parce que ce droit à l’avortement, on le sait, est menacé. En France, il devient difficile de trouver un hôpital qui le pratique. Et regardons ce qui se passe en Hongrie… Une des premières mesures antidémocratiques et liberticides du gouvernement de Victor Orban, a été (au nom de la grandeur du peuple hongrois, mais sans beaucoup penser aux Hongroises) de supprimer leur droit à l’avortement…

Les liens

Planning familial Liberté - Égalité - Sexualités

Les invités
Les références
L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.