Comme elles sont belles, gravissant les marches du festival de Cannes… Diane Kruger, Marion Cotillard, Leila Bekhti, Nicole Kidman, … ces créatures de rêve, rivalisant d’élégance et de minceur dans leurs robes de fée… Pas de doute, quand je serai grande, je serai actrice de cinéma !

Mais voilà que, sur le tapis rouge, arrivent les réalisateurs, ceux qui viennent présenter leurs films : les Haneke, Carax, Resnais, Cronenberg… ils sont vieux, portent des lunettes, ils ont des rides, le teint pas très frais, un gros ventre souvent, et puis bien sûr j’oubliais, tellement ça va de soi : ce sont des hommes ! Comme je vous l’ai dit, c’est sûr, je serai actrice.

Vous ne croyez pas que c’est ça, qui peut se passer dans la tête des petites filles, en regardant à la télé le festival de Cannes cette année ?

Mais revenons à Cannes : Pas une femme réalisatrice dans la sélection officielle ; une seulement, Catherine Corsini, dans la sélection Un certain Regard… Certes il y a l’affiche du festival: une photo de la sublime Marilyn… Si pulpeuse, si tendre… qu’elle s’est fait dévorer par Hollywood… Tout un symbole !

Pourtant des réalisatrices de talent, il y en a, et même il y en a toujours eu en France: Agnès Varda, Claire Denis, Laetitia Masson, Maïwenn, Valérie Donzelli et j’en passe. Mais la première de l’histoire, le saviez-vous, s’appelait Alice GUY ; entrée comme secrétaire à la Gaumont, elle s’est passionnée pour le cinéma : son premier film s’appelait « la fée aux choux » c’était en 1896 !

Pour placer de la place des femmes dans le cinéma, j’ai invité aujourd’hui Zabou Breitman, comédienne et réalisatrice (son premier film c’était « se souvenir des belles choses » en 2001.

Je reçois également Alix Béranger membre du collectif féministe La Barbe qui a publié il y a deux semaines dans le Monde une tribune dénonçant, avec humour, l’absence de réalisatrices dans la sélection officielle de Cannes. Une tribune signée entre autres par Zabou Breitman justement. Elle nous expliquera pourquoi tout à l’heure.

Ma troisième invitée, c’est Isabelle Mons. Qui vient de publier une biographie passionnante, d’une femme au destin exceptionnel : Lou Andreas-Salomé. Femme de lettres, essayiste, psychanalyste d’origine russe, grande voyageuse, elle participa à tous les débats de l’avant-garde européenne, de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème. Elle fut l’amie de Nieztsche, de Rilke, de Freud. Anticonformiste, elle chercha toute sa vie le chemin de son accomplissement personnel et de sa liberté.

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La barbe. Groupe d'action féministe

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