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Les précieuses, Nina Luec
Les précieuses, Nina Luec © Radio France / Nina Luec

Les précieuses… Vous connaissez ? Ah oui bien sûr… Les Précieuses ridicules . Cette comédie où Molière croque avec férocité le portrait de deux jeunes filles, éprises d’absolu, et rêvant avec des mots ampoulés d’une vie pas ordinaire, une vie comme dans les livres...

« Vite, voiturez-nous ici les commodités de la conversation… » C’est vrai qu’il y a des manières plus simples de demander une chaise...

Et voilà comment Molière, avec son écriture géniale, a réussi pour la postérité à nous faire oublier les Précieuses, les véritables Précieuses… Ces dames qui se réunissaient dans la mystérieuse Chambre bleue de l’hôtel de Rambouillet, tout près du Louvre… au début du 17ème siècle… Une Chambre bleue, tendue de velours rehaussé d’or et d’argent. L'«incomparable Arthénice », alias la marquise de Rambouillet, y recevait, allongée sur son lit. On y parlait, on y riait, on y dansait, on y déclamait des vers… C’est dans cette Chambre bleue, à l’abri du fracas des armes, que les Précieuses ont rêvé de nouvelles relations entre les hommes et les femmes, qu’elles ont osé prendre la plume et qu’elles ont en même temps inventé le roman moderne français…

Ridicules, les précieuses ? De toute façon, tout le monde le sait ! Une femme qui aspire au savoir est toujours suspecte... ou… ridicule.

Anne-Marie Lugan Dardigna, auteure de Ces Dames au salon aux Editions Odile Jacob

Ces Dames au salon
Ces Dames au salon © / Ed. Odile Jacob

En France, aux XVIIe et XVIIIe siècles, les salons tenus par des femmes telles que Mme du Deffand, Mme du Châtelet ou Mme d’Épinay furent les lieux privilégiés de leurs revendications à exister.

En France, aux XVIIe et XVIIIe siècles, les salons tenus par des femmes telles que Mme du Deffand, Mme du Châtelet ou Mme d’Épinay furent les lieux privilégiés de leurs revendications à exister. Mais que s’est-il donc passé, dans le cours de ce XVIIIe siècle dont on a dit qu’il était le siècle des femmes ? Leur règne s’est affirmé à travers l’existence de ces salons où elles ont accueilli et protégé durant des décennies les philosophes et les écrivains, porteurs des idées nouvelles. Pourtant, la Révolution les oublie dans la Déclaration des droits de l’homme. L’égalité ne sera pas pour cette moitié-là de la société. Comment le statut des femmes a-t-il été de nouveau occulté par la figure de la mère qui prime encore aujourd’hui ?

Anne-Marie Lugan Dardigna est chercheuse et une figure du féminisme. Elle a notamment publié Femmes femmes sur papier glacé et, sur la littérature du xxe siècle, Les Châteaux d’Éros ou l’Infortune du sexe des femmes .

Agnès Walch, auteure de Duel pour un Roi aux Editions Tallandier

Duel pour un roi
Duel pour un roi © / Editions Tallandier

La blonde Montespan contre la brune Maintenon. L’une porte un grand nom quand l’autre est née dans une cellule de la prison de Niort. L’une, étincelante, spirituelle, ambitieuse, splendide, s’attache l’amour du Roi-Soleil et lui donne sept enfants. L’autre devient gouvernante des bâtards royaux et entre dans la vie du roi.

Louis XIV, contre toute attente, délaisse la sublime Montespan pour la discrète et redoutable Maintenon, de six ans plus âgée que sa rivale, moins tempétueuse, moins belle selon les canons de l’époque, moins éclatante, moins, moins… Et alors que la première mourra oubliée de tous, l’autre épouse dans la nuit du 9 au 10 octobre 1683 le roi, autrefois volage, désormais fidèle, et dont elle partagera la vie pendant trente-deux ans.

Avec une plume alerte, l’historienne Agnès Walch nous plonge dans les coulisses de la Cour de Versailles et nous restitue pour la première fois l’affrontement de deux femmes, d’abord amies intimes puis ennemies mortelles, étonnamment modernes, éprises de liberté, déterminées et courageuses.

Agnès Walch est maître de conférences en histoire moderne, spécialiste du couple et du mariage. Elle est l’auteure d’une Histoire de l’adultère (2009), La Marquise de Brinvilliers (2010) et, plus récemment, Où va le mariage ? (2013).

Camille Laurens et Gwénaëlle Aubry, deux des auteures de L'Une et l'autre , aux Editions l'Iconoclaste

L'Une et l'autre
L'Une et l'autre © / Ed. L'Iconoclaste

L ’une & l’autre , c’est Marie Desplechin et la comtesse de Ségur, saisissante de modernité ; c’est Gwenaëlle Aubry et la poétesse américaine Sylvia Plath, en butte à ses vertiges de mère et d’épouse ; Camille Laurens et l’amour fou chanté par Louise Labé ; Lorette Nobécourt et Marina Tsvetaeva, broyée par la folie stalinienne ; Marianne Alphant et Jane Austen, dévouée à l’écriture jusqu’à s’oublier elle-même ; et c’est aussi Cécile Guilbert et l’essayiste Cristina Campo, hantée par le mot juste.

Six textes où la biographie réelle le dispute à la rêverie et où se dessine en creux l’autoportrait de chacune. Aux lecteurs et aux lectrices de se glisser à leur tour dans la peau de ces indomptées, nos sœurs, nos semblables, nos amies de papier.

Gwénaëlle Aubry est l'auteure d'essais, de récits et de romans parmi lesquels Personne (prix Femina) et Partage .

Camille Laurens est l'auteure de deux récits, dont Philippe , et de huit romans traduits dans une trentaine de langues, parmi lesquels Dans ces bras-là (prix Femina), Ni toi ni moi et Romance nerveuse .

La Chronique de Colombe Schneck

Décolleté , de Marie Simon, aux Editions Gallimard

Décolleté
Décolleté © / Gallimard

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Le Site de la Fondation du Patrimoine - souscription pour la Maison de Colette La Fondation du patrimoine conjugue aujourd’hui ses forces avec l’association la Maison de Colette et lance une souscription nationale pour financer la restauration de la maison natale de l’écrivain, un éden trop tôt perdu qu’elle n’aura de cesse de recréer tout au long de son œuvre.

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