Budapest vient d'adopter une nouvelle loi stigmatisant les LGBT+ : interdit désormais de faire la moindre allusion à l'homosexualité à l'école.

Budapest vient d'adopter une nouvelle loi stigmatisant les LGBT+. Ici la gay pride en juin 2019 en Hongrie.
Budapest vient d'adopter une nouvelle loi stigmatisant les LGBT+. Ici la gay pride en juin 2019 en Hongrie. © AFP / ATTILA KISBENEDEK

En Hongrie une nouvelle loi vient d’être adoptée stigmatisant un peu plus les gays. Une loi particulièrement scélérate puisque dans un même mouvement elle aggrave les peines pour abus sexuels sur mineurs et interdit la représentation de l’homosexualité à l’école.

Autrement dit, elle entretient ouvertement la confusion entre pédophilie et homosexualité. Évidemment, elle a été aussitôt dénoncée par tout ce que la Hongrie compte d’ONG de protection des Droits humains et LGBT . Une loi qui n’est pas sans rappeler les lois russes de 2013 contre la « propagande gay ».

Un catalogue de mesures vexatoires

Un catalogue de mesures plus vexatoires les unes que les autres : interdiction de la moindre allusion à l’homosexualité et au changement de sexe dans les manuels et matériels scolaires. Interdiction aussi dans les programmes télévisés et séries avant 22h30.

Dorénavant, les cours d’éducation sexuelle ne pourront plus être dispensés que par des professeurs et des associations agréés par l’État hongrois. Enfin, interdiction pour les entreprises d’exprimer leur solidarité avec les gays, les lesbiennes ou les transgenres.

La vengeance des députés

En fait, c’est une petite vengeance mesquine du parti au pouvoir contre une célèbre marque de Cola qui, en août 2019, avait couvert les rues de Budapest d’affiches montrant des couples gays et lesbiens avec ce slogan : zéro sucre, zéro discrimination.

Certains députés du Fidesz, le parti du Premier ministre Viktor Orban, avait cru s’étrangler en les découvrant sur le chemin du parlement. Enfin, c’est une façon à peine voilée et peu coûteuse de viser les États-Unis quand la Hongrie affiche son idylle avec Moscou.

Des scandales sexuels touchant le pouvoir

D’abord, elle n’est pas nouvelle. Le gouvernement de Viktor Orban, appuyé par Jobbik, un parti d’extrême-droite, a déjà modifié la Constitution en novembre de l’année dernière pour y inscrire que le mariage était l’union d’un homme et d’une femme.

Un amendement a même été adopté pour, en plus, préciser qu’une famille avec enfant était composée d’un père homme et d’une mère femme comme le veulent « les valeurs chrétiennes traditionnelles ». Mais il y a une raison politique, à cette obsession morale :

Les scandales sexuels se sont accumulés au sein du parti au pouvoir. Dont celui du député européen József Szájer qui, en décembre, a fui nu dans les rues de Bruxelles une descente de police dans une orgie gay qui ne respectait pas les gestes barrières.

Or Viktor Orban affronte l’année prochaine des législatives très disputées. Les gays sont donc une cible facile pour faire oublier les errements et le ridicule de certains qui, au pouvoir, se sont… comment dire… éloignés des « valeurs chrétiennes traditionnelles ».