A New York, tous les "marchés" sur lesquels reposaient les affaires mafieuses sont à l'arrêt : paris illégaux, prostitution, racket de commerçants, BTP... Mais la reprise risque d'être glorieuse.

Rue de New York, le 27 mars 2020
Rue de New York, le 27 mars 2020 © AFP / Angela Weiss

On va à New York ce matin où la Mafia souffre elle-aussi du coronavirus. Ce que la police, le FBI et les autorités new-yorkaises ne sont pas parvenus à faire en un siècle, le coronavirus, lui, l'a fait en quelques jours.

De quoi vit la Mafia new-yorkaise ?

Des paris sportifs illégaux, de l'extorsion - notamment des petits commerçants -, des chantiers de construction qu'elle contrôle et de la prostitution. Toutes choses totalement à l'arrêt pour cause d'épidémie. Les paris illégaux se sont arrêtés faute de matchs de basket, de baseball ou de foot américain. La mafia a bien essayé de s'adapter en pariant sur le criquet africain ou le foot australien... Mais c'est un pis-aller ! Des millions de dollars de perte !

Il reste les drogues ?

Pas vraiment : d'abord, la mafia s'était retirée de ce business qui est plutôt entre les mains des Sud-Américains. La police a bien remarqué un début de retour mais, c'est trop peu trop tard et là aussi, le coronavirus empêche de faire des affaires tranquillement. Les clients sont confinés chez eux : impossible de se rendre sur les lieux de vente et les petites mains du trafic ont des difficultés à déplacer la marchandise. Partout, y compris en Europe, ça se traduit par une augmentation des prix, notamment sur le cannabis.

A New York, en plus, la mafia s'était clairement spécialisée dans le transport de marchandises, aussi bien routier que portuaire et aéroportuaire : pile des secteurs affectés par le virus : moins de camions, beaucoup moins de bateaux et plus d'avions !

Tout cela n'est que temporaire, la mafia s'en remettra !

C'est vrai que la mafia en a vu d'autres ! D'ailleurs, pour avoir un idée de sa capacité à rebondir et à s'adapter, il suffit d'aller faire un tour du côté de la maison-mère italienne. D'une part, les épidémies les mafias connaissent : en 1884, une épidémie de choléra a dévasté Naples. Qui croyez-vous qui a bénéficié des sommes énormes envoyées, à l'époque, par Rome pour nettoyer les rues et, ensuite, requalifier l'ensemble des services d'adduction d'eau ? La Camorra napolitaine bien sûr !

Aujourd'hui, les mafias italiennes ont, en plus, infiltrés les secteurs dont ont a besoin maintenant : désinfection, nettoyage, distribution de produits frais et mêmes services de santé. Sans parler de la reprise qui sera une véritable orgie pour elles !

La police occupée ailleurs, les tribunaux engorgés

Les mafias italienne ou new-yorkaise ont une activité de prêts à court-terme surtout auprès des petits patrons - restaurants, cafés, BTP - qui auront besoin de cash pour repartir : l'Etat et les banques seront trop longs à réagir, les mafias, elles, seront prêtes.

Ensuite, la police sera plus occupée à faire du maintien de l'ordre, notamment dans le sud de l'Italie où la révolte gronde, que d'aller traquer les mafiosos. Enfin les tribunaux promettent déjà d'être très encombrés : ils sont à l'arrêt depuis plusieurs semaines !

Enfin, ce ne seront pas les petites mains qui vont manquer : des mois sans revenu, le recrutement à l'issue de l'épidémie sera très facile. Ajoutez que l'Etat italien a élargi 2 500 détenus pour déconcentrer les prisons, la catastrophe post-covid19 est servie !

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