Il y a une semaine, je vous racontais que le Premier Ministre Indien avait en une nuit décidé de démonétiser les billets de 500 et de 1 000 roupies.

L'idée était de lutter contre la corruption et le travail au noir. Le problème, c'est que ça avait aussi créé une vraie panique, avec des émeutes aux guichets des banques pour changer les vieux billets.

Une semaine plus tard, rien n'a vraiment changé : c'est toujours le chaos et les distributeurs du pays sont toujours pris d'assaut et il faut des heures de queues pour retirer de l'argent. Du coup, un nouveau métier est né en quelques jours. Désormais pour quelques roupies, vous pouvez louer les services d'un petit malin qui fait la queue à votre place au distributeur et quelques minutes avant d'atteindre le distributeur, un coup de fil et le tour est joué : vous le remplacez dans la file.

Au Zimbabwe, l'Etat met en circulation, non pas une nouvelle monnaie, mais des « bons ».

Le Zimbabwe a une longue histoire avec les records de dévaluation et d'inflation. En 2009, il fallait des brouettes de dollars zimbabwéens pour acheter du pain ou des cigarettes. La banque centrale émettait des coupures avec neuf ou douze zéros après le un.

Pour résoudre le problème, le pays s'était aligné sur le dollar américain, point barre. Ça a marché quelques années, jusqu'à aujourd'hui où la folie a repris : les Zimbabwéens, inquiets par la crise économique, cachent leurs dollars et refusent de les faire circuler.

Que faire ? La banque centrale a tenté de mettre en circulation des « bons » : des billets sur lequel est écrit : contre ce « bond » vous pouvez obtenir un ou deux ou cinq vrais dollars américains à nos guichets, là tout de suite.

Mais encore une fois, ça ne marche cette affaire que si les gens ont confiance dans la banque centrale et s'ils acceptent de faire circuler ces « bonds » et de ne pas faire la queue tous ensemble pendant des heures pour les échanger de suite.

Ces bonds ne sont même pas encore en circulation et ils sont déjà bradés au marché noir : trois bons pour deux dollars américains hier et déjà quatre pour deux ce matin. Bref, c'est une catastrophe annoncée !

En Grande Bretagne, ce sont les nouveaux billets de 5£ qui posent problème...

Je ne sais pas si vous les avez vu et touché ces nouveaux billets, mais impossible de les déchirer ou de les froisser. Ils sont en plastique et font la fierté, depuis leur mise en circulation, il y a un mois, de la monnaie britannique. C'était compter sans les végans.

Les végans, refusent de manger quoi que ce soit d'origine animale, mais aussi de porter du cuir, par exemple. Or il se trouve que le plastique de billet de 5£ contient de la graisse animale, du saindoux, de la couenne, bref l'horreur absolue.

C'est déjà limite pour les hindous, les sikhs et les jaïns britanniques qui sont plusieurs centaines de milliers tout de même et qui sont strictement végétariens, mais pour les végans, qui en ont fait une mode de vie, c'est une torture :

Que faire si l'on vous tend un billet de 5£ pour lequel un gentil cochon ou une douce vachette ont été abattus ? Les végans britanniques exigent le retrait de cette coupure diabolique qui les force à participer à la torture d'un animal innocent.

Dernière étape : le Vénézuela. Un pays où l'inflation galopante - entre 700 et 1000% - et en train d'avoir raison de la devise d'Hugo Chávez : le Bolivar « fort ». Il faut désormais une valise pour faire ses courses : les billets nécessaires ne tiennent plus depuis longtemps dans les portefeuilles.

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