Invasion de perruches à collier dans les parcs d'Athènes, donc recensement national pour faire face au danger : le vocabulaire de cette prolifération ornithologique est si proche de celui utilisé pour parler des migrants que les Grecs en rient encore.

Perruche à collier
Perruche à collier © Getty / Tim Graham

Petit virée en Grèce ce matin où l'on compte les perruches à collier parce que, depuis plusieurs années maintenant, elles pullulent ces fameuses perruches d'un vert éblouissant ! Pas seulement à Athènes, mais dans beaucoup d'autres villes du pays, de Thessalonique à Heraklion, en Crète. Partout, les mêmes scènes : des dizaines voire des centaines de perruches ont élu domicile dans les parcs mais aussi dans les forêts hellènes.

Je rappelle que ces volatiles sont originaires d'Inde, d'Asie, d'Amérique latine ou d'Afrique mais que, jusqu'à présent l'Europe leur était une terre étrangère. Donc les volées de perruches dans les rues d'Athènes, c'est entièrement inédit.

Même phénomène à Bruxelles et Paris

Certains parcs de Bruxelles, ou encore celui du Luxembourg, à Paris sont devenus le refuge de portées entières de perruches à collier échappées de leurs cages domestiques et qui ont pu faire colonie. La seule différence, c'est la météo.

Par nature, ces perruches à collier et autres perruches moines sont des exotiques qui supportent mal le froid hivernal du nord de l'Europe. Le changement climatique pourrait changer la donne mais pour le moment, la Grèce leur convient beaucoup mieux.

Autrement dit, ce qui n'est qu'un épiphénomène en Europe du Nord est un vrai souci en Europe du Sud et donc en Grèce : là-bas, elle retrouve quasiment leur climat d'origine. De plus, les parcs grecs – bien entretenus - n'ont jamais été si luxuriants :

Il y a tout pour plaire aux perruches : des fleurs, des fruits et même des petites vieilles attendries et qui savent les soigner – et pour cause : elles ont les mêmes à la maison. D'ailleurs, la Grèce n'est pas le seul pays méditerranéen affecté : Israël aussi est touché.

Israël est aussi touché par cette invasion colorée

Dans les kibboutzim agricoles, beaucoup de plaignent des attaques répétées de volées entières de perruches à collier fondant en formation sur les récoltes. Un désastre. D'autant qu'une perruche, c'est gros et ça mange beaucoup.

En Grèce : devant une telle prolifération, les autorités grecques, voulant évaluer le danger d'invasion, ont lancé un grand recensement national : après tout ces intrus, venus d'ailleurs et sans permis, mangent littéralement le pain des pauvres piafs grecs.

Sans compter que ces espèces exotiques représentent un danger sécuritaire. Ces  étrangers se sentent tellement à leur aise en Grèce qu'ils croissent et se multiplient sans contrôle et leurs nids trop lourds croulent et tombent sur les passants grecs...

Perruche ou migrants ? Une affaire de vocabulaire

C'est ce qui fait rigoler toute la Grèce. Avec ce vocabulaire d'invasion, de portées trop nombreuses, de menaces pour les espèces locales, les autorités ont fini par forcer la métaphore avec les migrants. Et les réseaux sociaux grecs s'en donnent à c?ur joie !

Imaginez les posts : d'un côté un migrant afghan, syrien ou irakien ; de l'autre une perruche à collier ; d'un côté une famille de migrants ; de l'autre un nid de perruche moine ; La métaphore est trop tentante et le tout reste pour l'essentiel bon enfant...

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