Après le Lala Land du djihadisme, aujourd'hui, c'est la bonne vieille tradition de la chanson politique qui se réveille en Grande-Bretagne.

capture écran de Liar
capture écran de Liar © Captain ska

Celle-là s'appelle « She's a liar » (« Elle ment »).

Celle qui ment c'est évidemment l'actuelle Première ministre Theresa May, et la chanson est ni plus ni moins numéro 2 sur la plateforme de téléchargement de singles iTunes et aussi au classement de la BBC. C'est l'oeuvre d'un groupe qui s'appelle Captain SKA et qui a eu l'idée de mêler des bouts de discours de Mme May avec un refrain très « catchy ». On l'entend dire par exemple qu'elle ne convoquera pas d'élections anticipées.... alors qu'on y est !

Sauf qu'on ne l'entend pas sur les radios périphériques, notamment sur la BBC, parce que les règles de diffusion de messages politiques sont encore plus strictes en Grande-Bretagne que chez nous : là-bas, les partis n'ont purement et simplement pas le droit de diffuser des spots ou des images de propagande. Rien ni à la télé, ni à la radio.

Or « She's a liar » est très chargée politiquement. Et pour être encore plus clair, le clip se termine par le message suivant : « le 8 juin prochain, dehors les conservateurs ». Mme Theresa May, je le rappelle, est cheffe du parti conservateur, les Tories.

Reste que le succès de cette chanson indique assez bien que Theresa May et ses troupes ne sont pas au meilleur de leur forme. Et c'est la grosse surprise de ces élections anticipées. Elle a commencé cette campagne avec 20 points d'avance dans les sondages. Mais aujourd'hui, cette avance fond comme neige au soleil. Elle n'aurait plus que quatre petits points d'avance. Alors que s'est-il passé ? Eh bien elle a bêtement fait campagne en demandant une majorité solide pour négocier le Brexit. C'est-à-dire qu'elle a fait campagne sur le passé et avec une certaine arrogance.

Elle refuse par exemple de débattre avec Jeremy Corbynn, son principal opposant et leader des Travaillistes. Or Corbynn, lui, qui fait pourtant l'objet d'une campagne de presse extrêmement violente et méprisante, fait une bonne campagne.

Avec une recette simple : parler des problèmes des Britanniques, de leur ras-le-bol de l'austérité alors que le pays est censé voler de succès en succès, d'éducation trop chère, de logement trop cher. Du coup, il grignote...

Dans la presse, un article hilarant du Washington Post

Je ne sais pas si vous avez suivi la dernière trumpette, la dernière gaffe de Donald Trump sur Twitter. Le président voulais parler de de la couverture médiatique négative dont il est victime et ses doigts ont glissé sur le clavier et il a écrit « coufefe ». Ce tweet – non corrigé – ce qui démontre d'abord et avant tout que c'est bien lui qui tweete en 140 caractère – a été partagé 127 000 fois avant d'être supprimé. Le Washington post a donc convoqué une linguiste pour faire un sort à « coufefe ».

« Le style linguistique étrange du président Trump », écrit Gretchen McCulloch, « a pu être décrit comme plein de non-sequiturs – c'est-à-dire sans logique conclusive – incohérent ou simplement caractéristique du langage parlé plus que de celui de l'écrit ».

« Dans le cas de « coufefe, s'ajoute un nouvelle difficulté : personne ne semble d'accord sur la façon de la prononcer : doit-on dire coufi-fi ou coufefi ou encore coufif ? Heureusement la linguistique a une réponse : "Si l'on procède par analogie, on commence mal puisqu'il n'y a pas de mot commun en anglais en fefe. Il y a bien jefe, mais c'est de l'espagnol. Il y a aussi café, mais il y a une autre voyelle qui précède. Bref, tout cela reste obcurfefe".

Et il faut faire vite pour avoir la solution, parce que les locuteurs anglophones commencent à adorer les mots en fefe. On trouve déjà exorfefe, ce qui signifie un exorciste de coufefe, un presifefe, synonyme de président Twitter.

Suis une longue démonstration, histoire de faire la différence entre le VVV de "cov" et le FFF de "fefe". Et Gretchen, la linguiste, de vous encouragez, en expliquant que « pour le bien du coufefe, vous avez le droit d'avoir l'air d'une andouille de dans le busfefe ».

La conclusion de Gretchen : si vous riez en lisant – et donc en écoutant - cette chroniquefefe, c'est qu'au fond, tout ne va pas si mal au Etats-Unis et dans le mondefefe.

► Lire l'article du Washington Post

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